Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 11.1875

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CHARLES

GLEYRE1

il.

e Salon des Tuileries, qui nous mon-
tra le tableau des Bacchantes, est la
dernière exposition où le nom de
Gleyre ait paru au livret. Que s'était-
il passé? La critique avait-elle été
trop froide, le public trop indifférent?
Pourquoi l'artiste se renferma-t-il de-
puis lors dans une retraite obstinée?
Ses amis, dépositaires de ses secrets,
le diront sans doute un jour. Gleyre

cessa d'exposer. Il travailla pourtant, car la peinture était sa joie suprême;
mais il ne fit plus voir ses œuvres qu'aux intimes ; la Suisse les attendait
impatiemment et elle possède aujourd'hui les meilleures. Assurément
l'artiste est libre d'administrer sa vie et de gérer son talent, mais en s'ab-
stenant systématiquement de prendre part aux expositions publiques,
Gleyre s'est condamné au mystère d'une demi-célébrité et, savant, il a
privé l'école d'une leçon.

Il ne refusa cependant pas de travailler pour une église de Paris.
Savait-il que son tableau serait détestablement placé et qu'il demeurerait
presque invisible? Gleyre avait l'ambition de l'obscurité; mais, ici, on lui
a peut-être donné plus qu'il ne demandait. À la suite de longues hésita-
tions sur le choix du sujet et la dimension de la toile, la préfecture de
la Seine l'avait chargé de peindre la Pentecôte. L'exécution de cette œuvre
suivit imméditement celle des Bacchantes. Planche l'a vue en 1851 dans

-1. Voir Gazelle des Beaux-Arts, 2e période, t. XI, p. 233. Dans noire premier
article, nous avions, sur la foi des dictionnaires, fait naître Gleyre en 1807, M. Charles
Clément vient de donner la date authentique. Gleyre est né le 2 mars 4 806.
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