Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 11.1875

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F 0 R T U N Y

'École espagnole contemporaine
est peu connue en France. Sauf
de rares amateurs, la plupart des
personnes que l'art intéresse ne
connaissent que très-imparfaite-
ment le groupe d'artistes qui, de-
puis quelques années, a pris nais-
sance au delà des Pyrénées.

Parmi ceux qui ont acquis de
la célébrité, il en est un qui com-
mande plus particulièrement l'at-

tention ; c'est Mariano Fortuny, autour duquel ses compatriotes, peintres
comme lui, se sont groupés naturellement, par suite de cet ascendant
que donne toujours le talent.

Fortuny, qui vient de s'éteindre si subitement à Rome, était né à
Reuss, près de Rarcelone, le 11 juin 1838; il entra de bonne heure à
l'Académie de peinture de cette ville, où il fut placé par son grand-
père, étant resté orphelin dans sa première enfance. Ses parents étaient
menuisiers de père en fils et construisaient des théâtres forains pour
pourvoir à la subsistance de la famille, qui était nombreuse. Fortuny put
continuer ses études, grâce à un subside de six écus par mois que lui
allouait un digne prêtre, pour payer les cours de l'Académie; mais le
conseil académique, témoin de son application et connaissant l'état de
gène de sa famille, le dispensa du payement, lui laissant cette modique
somme pour subvenir à ses besoins.

Parmi les professeurs avec lesquels notre jeune artiste avait le plus de
contact, se trouvait Claudio Lorenzalez, clans l'atelier duquel il travaillait
en dehors de l'Académie, et Paolo Mila, homme instruit et intelligent qui
avait obtenu de faire gratuitement un cours d'esthétique et d'histoire.
Pour servir d'application à ses leçons, Paolo Mila donnait aux élèves un
sujet de composition choisi dans l'histoire, et discutait devant eux la
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