Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 11.1875

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ANET

Il ne faut pas s'attendre à trouver dans
ces quelques pages une étude historique sur
le château d'Anet, conduisant scrupuleusement
le lecteur à travers les vicissitudes du passé,
depuis les temps féodaux, époque de sa fon-
dation, jusqu'à ce xixc siècle où s'est conçue
et réalisée sa renaissance artistique. Notre but
est plus modeste : pour nous aujourd'hui il
s'agit simplement de donner ici une idée, la
plus complète possible, de la restauration en-
treprise, de la restitution accomplie dans le
plus curieux d'entre les monuments que nous
ait laissés l'art français de la Renaissance.
D'autres avant nous1, remontant aux ori-
gines mêmes de ce qui sera un jour la principauté d'Anet, ont suivi pas à pas, dans
tous leurs intéressants détails, les phases diverses de son développement progressif.
Ils nous la montrent, d'abord simple châtellenie pendant près de deux siècles, de
1131 à 1349, sous Simon et Philippe d'Anet, puis sous Charles le Mauvais, comte
d'Évreux, dont tout un corps de logis encore intact, glorieux reste du palais des rois
de Navarre, témoigne en faveur de la solidité des constructions du xive siècle.

Le château d'Anet n'était encore en 1444, lorsqu'il devint la propriété de la famille
de Brézé, qu'un manoir féodal aux tours massives défendant, avec la ceinture de ses
fossés profonds, l'étroite enceinte réservée à l'habitation du seigneur. C'est dans cet
état que l'avait reçu du roi le premier des Brézé, Pierre, comte de Maulevrier, ce
fidèle serviteur tué à la bataille de Montlhéry sous la cotte d'armes royale qu'il
avait revêtue pour donner le change à l'ennemi. Après lui, son fils Jacques, celui dont
la terrible justice de Louis XI devait, comme le fera plus tard celle de François Ier
au sire de Saint-Vallier, faire blanchir les cheveux dans une nuit, et après Jacques,
Louis, le mari de la grande sénéchale, n'avaient eu garde de toucher à l'enceinte bas-

1. Voir E. Lefevre, Annuaire historique et administratif du département d'Eure-et-Loir. Chartres, 1862;
de Caraman, Anet, son passé, son état actuel. Notice historique. Paris, 1860; Lemarquant, Notice sur te
château d'Anet, i776.
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