Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 15.1877

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HISTOIRE DU MOBILIER

PAR M. ALBERT JACQUEMART i

(DEUXIÈME ET DERNIER ARTICLE)

GARNITURES ET TENTURES.

Garnitures. — Le coussin est la garniture primi-
tive; il remonte à l’antiquité la plus reculée et constitue,
encore aujourd’hui, le fond du mobilier oriental. Les
Romains l’ont pris aux Asiatiques et nous aux Romains.
Nos aïeux du moyen âge et de la Renaissance, pour ne
pas être aussi languissants que nos contemporains, n’en
aimaient pas moins leurs aises. Ils se servaient du cous-
sin comme d’un intermédiaire obligé entre le bois et le
corps, pour assouplir les angles, combler les profondeurs,
épouser toutes les attitudes. On le plaçait, on le dépla-
çait, on le multipliait à son gré ; on le faisait voyager avec soi, et de
cette façon le confort lui-même était rendu mobile, transportable. A
partir du xvne siècle, la garniture devient fixe à son tour; un seul meuble
a conservé sa garniture indépendante : c’est le lit.

Tentures. — Le même besoin de bien-être a donné naissance
aux tentures et aux tapisseries. On a commencé par garnir le sol et les
murs avec des nattes et des peaux de bêtes, pour se clore, se garantir
de l’humidité et du froid. A mesure que la civilisation se développe, le
tissu de laine, plus chaud, plus résistant, remplace le tissu de paille ; les
cuirs préparés remplacent les peaux brutes. Quand l’Orient nous envoie
ses tapis historiés, l’Espagne ses maroquins de Cordoue, nos ateliers
s’empressent de les contrefaire; si bien que la natte primitive, devenue 1

1. Voir la Gazette des Beaux-Arts2e période, t. XV, p. 51.
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