Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 15.1877

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ANDRÉ DEL SARTE

(deuxième article.)

II.

orsque, chargé de peindre aux murailles
du jardin des Servîtes la parabole des
Ouvriers de la vigne, André del Sarte
imagina d’avoir recours au procédé presque
monochrome du clair-obscur, on put croire
à un caprice de l’artiste, à une fantaisie
d’un moment. Pourquoi renonçait-il aux
séductions de la couleur dont il savait les
secrets aussi bien que pas un des Floren-
tins de 15X‘2 et dont il avait si doucement
discipliné les accords dans ses fresques du portique de l’Annunziata? C’est
que, pour André, les grisailles du jardin étaient le premier essai d’un
système de décoration murale qui depuis quelque temps hantait sa pensée
et qu’il se proposait d’appliquer à une entreprise plus importante. Ce
mode de peinture, qui joue avec des noirs bistrés, avec des blancs rom-
pus, a été en effet un des triomphes d’André del Sarte, et il en a mon-
tré la sobre richesse et la douceur persuasive au cloître de la confrérie
du Scalzo.

Le cloître du Scalzo, dont il faut demander la clef au custode de

■1. Voir Gazette des Beaux-Arts, 2e période, t. XIV, p. 465. Dans une étude sur
le maître senza errori, il serait décent d’éviter les fautes. Nous y sommes assez mal
parvenu. MM. Crowe et Cavalcasselle ayant fixé au 26 décembre 1512 le mariage
d’André del Sarte, nous avons accepté l’indication. Un critique confiant est un critique
compromis. D’après les recherches de Biadi, cette date est celle de la mort, ou plutôt
de l’enterrement du mari de Lucrezia. Le mariage d’André n’eut lieu qu’en le
mois et le jour demeurant encore incertains.
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