Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 15.1877

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MUSÉE

DE LILLE1

LE MUSÉE WICAR

(TROISIÈME ARTICLE)

ÉCOLES D’ITALIE.

J’ai déjà dit plus haut quelles précieuses reliques
de l’art italien Wicar avait recueillies et quel inappré-
ciable trésor il se trouvait, par le fait, avoir laissé à la
ville de Lille. Celle-ci a montré qu’elle en sentait tout
le prix. J’ai passé là, dans les salles réservées à l’Italie,
enfermé seul et tout entier à la conversation familière
de ces divins esprits, des heures dont le charme ne
s’oublie pas. Qu’il y a loin de cette silencieuse retraite
au couloir bruyant et passager des Ufiïzi, au-dessus du
Ponte-Vecchio, où Raphaël lui-même obtient à peine un
regard du promeneur attardé, et comme l’émotion vraie
vous enveloppe et vous pénètre mieux ! Mon plus grand
regret, hélas ! sera de ne pouvoir faire partager, à ceux qui me liront, si
peu que ce soit d’un plaisir aussi pleinement ressenti. Comment exprimer
avec des mots la grâce ineffable de certains dessins de Raphaël, cet accent
de vie qui semble si fugitif et qui cependant garde une jeunesse immor-
telle? Comment analyser les parfums subtils et pénétrants de la rose ou
de la violette ?

École vénitienne. — On sait la rareté des dessins vénitiens. Il est
vraisemblable que les artistes de cette école, particulièrement les déco-

1. Voir Gazette des Beaux-Arts, 28 période, t. XIV, p. 406, et t. XV, p. 80.
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