Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 15.1877

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LE TABLEAU DU ROI RENÉ

A AIX

Un concours régional clans la circonscrip-
tion du Midi eut lieu à Marseille, le 20 mai 1861.
L’agriculture et l’industrie envoyèrent leurs
produits; et, pour couronner dignement l’écli-
fice , les beaux-arts furent traités avec les
égards qu’ils méritent. Evénement mémorable
dans une cité de marchands et de spécula-
teurs !

Une pièce capitale entre toutes avait attiré
l’attention des amateurs difficiles et sérieux: je
veux parler du triptyque cl’Aix, détaché de
l’église métropolitaine, avec la plus complète obligeance.

On lit encore, sous le n° 322 du livret, la relation suivante : « Cette
peinture, attribuée au roi René par la tradition populaire, est de Van
Eyck, du moins quant au sujet principal, traduction mystique de l’épi-
sode du Buisson ardent. Les volets représentant le roi et sa seconde
femme Jeanne de Laval, l’un et l’autre en prière, sont postérieurs au
fond du tableau et d’un élève de l’école flamande. Le Buisson ardent
appartenait à l’église des Carmes avant la Révolution ; il a été sauvé,
en 93, par le maire d’Aix qui, aidé de M. Clérian père, parvint à le faire,
non sans peine, transporter à Marseille, à l’insu de la population. Le
tableau, mis en lieu de sûreté par la municipalité de cette ville, y est
resté jusqu’en 180A, époque où il a été restitué à la ville d’Aix. On le
considère avec quelques débris de l’antiquité païenne, les sculptures
en bois du grand portail et une série de tentures imaginées par Quentin
Matsys, comme le principal ornement archaïque de la cathédrale. Tout
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