Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 15.1877

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HENRY MONNIER

i.


Ce n’est pas sans embarras
que je reviens une fois de plus
sur le compte cl’un humoriste
compliqué comme tous les es-
prits de son espèce, et rendu plus
compliqué encore par l’exercice
de divers arts dont l’association
est rare chez un même homme.
Aussi, en entreprenant cette
tâche, ne puis-je m’empêcher
de regretter la certitude de ces
anciens critiques qui, la con-
science calme, exerçaient leur
mandat et rendaient leurs arrêts
d’un ton magistral.

Ce n’est pas que ma gêne
vienne du petit nombre de documents sur l’homme et son œuvre; bien
avant la mort de l’humoriste, j’avais recueilli plus de renseignements
qu’il n’en est nécessaire pour « dire quelque chose»; mais je suis par-
ticulièrement étonné par les jugements qui se sont produits depuis que
Henry Monnier a été enlevé aux arts. Pas un homme supérieur n’a été
loué si vigoureusement pendant près d’un mois avec un tel débordement
de publicité; les journaux furent intarissables en récits, anecdotes,
mystifications, et par là le caractère et la nature de l’artiste m’ont
semblé dénaturés. Ses talents d’écrivain, de peintre et de comédien
ayant été traités avec un mince développement par le journalisme, la
génération actuelle entrevoit l’homme comme un conteur qui ne se faisait
pas prier pour jouter ou mimer en société des scènes de mœurs ; on l’a posé
également comme un mystificateur sans cesse en quête de victimes; mais
ce fut seulement une des faces du vieux comique. Si, pendant la période
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