Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 15.1877

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GAZETTE DES BEAUX-ARTS.

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exécutées sur des terres cuites de Clodion, qui interpréta d’une façon si
aimable les sujets gracieux ou légers. Les deux figures des candélabres
appartenant à cette dernière catégorie, l’artiste les a rendues avec bon-
heur. La touche en est facile, la pose naturelle, le mouvement général
du corps plein de souplesse et d’élasticité. Ici et là, c’est une divinité
champêtre qui tient son flambeau à six branches tout agrémenté de roses
et de lis.

Il est bien d’autres meubles dont je parlerais à nos lecteurs si je
n’étais obligé de me limiter aux pièces les plus importantes. Pour ne rien
omettre d’intéressant il faudrait, en effet, dresser un inventaire complet
du mobilier de M. de Greffulhe où tout, jusqu’aux quelques échantillons
modernes, dus au talent éclairé de M. H. Dasson, y a, nous le répétons,
son cachet particulièrement artistique. Mais nous devons nous en tenir là
de notre analyse et quitter bien à regret cette collection de trésors ines-
timables. Félicitons une dernière fois son propriétaire du tact et du haut
goût qui ont présidé au choix de son ameublement comme à celui de ses
tableaux. Applaudissons au discernement avec lequel, bannissant de chez
lui ce luxe criard, ces dorures et ce clinquant qui tirent le regard du
visiteur et forcent son attention, il a éteint au contraire les tons du décor
et mis en pleine lumière les chefs-d’œuvre dont il s’est entouré. Remer-
cions enfin M. le comte Henri de Greffulhe, en notre propre nom, du
plaisir qu’il nous a fait en nous ouvrant d’une manière si courtoise les
portes de sa galerie et de l’honneur que nous lui devons de manifester
publiquement aujourd’hui notre sentiment.

CHARLES GUEULLETTE.
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