Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 3. Pér. 14.1895

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UN

VITRAIL DE LA CATHÉDRALE DE BEAUVAIS

REPRÉSENTANT LA VIE DE SAINT MARTIN DE TOURS

La cathédrale de Beauvais, si souvent décrite par les architectes et par les
archéologues, visitée par tous les étrangers amoureux de notre art gothique français,
passe à juste titre pour une des plus belles qui soient au pays de France. Les
évêques qui ont vécu dans l’ancien palais des Villiers de l’Isle-Adam, les chanoines
qui y ont dit la messe, en 1850 l’abbé Barraud, tout récemment, en 1884, l'abbé
Pihan, en ont énuméré les trésors et ont parlé longuement des belles tapisseries,
représentant la vie de saint Pierre, conservées dans la cathédrale et dans la Basse-
œuvre, et de celles où sont racontées les origines presque fabuleuses de la ville de
Beauvais.

La statue de Coustou qui représente le cardinal Janson agenouillé a été décrite
par tous les guides, et presque rien n'a été oublié par les cicerone des merveilles
qui ont dû faire rêver Bacine enfant, Bacine commençant ses éludes dans un
collège de Beauvais et conduit par ses maîtres dans la cathédrale.

Les vitraux du chœur ont été étudiés et décrits presque tous, sauf un seul, le plus
beau peut-être et le plus important par le sujet qu'il traite : nous voulons

parler du vitrail de gauche (quand le spectateur regarde l'autel) de la chapelle de
la Vierge. Ce vitrail, composé au xui' siècle et mis en place à l'époque où fut construit
l’admirable chœur de la cathédrale, représente quarante-deux épisodes, dont les
principaux sont renfermés en quatorze rosaces, de la vie d'un des plus grands saints
de la France : saint Martin de Tours. C'est ce que nous voudrions démontrer
aux lecteurs de la Gazelle des Beaux-Arts, après avoir fait pour nous-même la
démonstration.

Saint Martin de Tours, devenu très vite populaire, était connu dans toute la
France bien avant qu’au xme siècle une corporation d’ouvriers de l'Oise eût la
pensée de l'honorcr en représentant sa vie sur un vitrail. Voltaire note dans son
commentaire de l'Esprit des lois que Clotaire fut très dévot à saint Martin. Non
seulement Tours et Ioide la Touraine connaissaient saint Martin et Je vénéraient,
mais la réputation du saint s'était étendue bien au delà de la France.

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XIV.

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