Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 3. Per. 19.1898

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(deuxième et dernier article1)

Entre temps, Roslin s’était marié. Il approchait de la quaran-
taine, quand il rencontra chez son collègue Vien, avec lequel il en-
tretenait un grand commerce d’amitié, une jeune orpheline, Marie-
Suzanne Giroust, fille d’un joaillier de Paris. Il demanda sa main.
Mais l’artiste n’était plus jeune; de plus, il était luthérien; il eut
quelque peine à être agréé, et il ne fallut rien moins que l’influence
de Vien pour décider le mariage, qui fut célébré le 8 janvier 1759.

Marie-Suzanne Giroust était, elle aussi, quelque peu artiste1 2. Les
conseils et peut-être aussi l’aide de son mari, perfectionnèrent son
jeune talent au point qu’elle osa, eu 1770, se présenter à l’Académie.
On sait que l’ancienne Académie de peinture et de sculpture, plus
libérale que sa sœur cadette, avait la galanterie de ne pas fermer ses
portes aux talents féminins ; toutefois, c’était une faveur assez rare-
ment accordée et contre laquelle beaucoup de peintres protestaient.
Suzanne Giroust fut cependant admise, le 1er septembre 1770, sur la
présentation qu'elle avait faite d’un portrait de Pigalle. La jeune ar-

1. Voir Gazette clés Beaux-Arts, 3e pér., t. XIX, p. 45.

2. Consulter, pour ce qui regarde Mme Roslin, Les Femmes artistes à l’Acadé-
mie Royale de peinture et de sculpture, par Octave Fidière. Paris, Charavay frères,
1885.
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