Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 3. Per. 19.1898

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LE TOMBEAU D’UNE REINE DE FRANGE

A COSENZA EN CALABRE

(deuxième et dernier article')

Nous en avons Fini avec l’étude du monument de Cosenza con-
sidéré comme œuvre de sculpture, et nous avons, je crois, épuisé les
conjectures que nous devions former au sujet de son auteur ano-
nyme. Il est avéré pour nous que le mausolée retrouvé en Calabre sc
rattache, même par le style et la technique, à la série des tombes
royales que garde la basilique de Saint-Denis. Nous pouvons main-
tenant laisser de côté, dans le tombeau de Cosenza, les détails qui
relèvent de l’histoire de l’art, et, isolant de l’ensemble les deux effi-
gies royales, en indiquer la valeur comme documents de l’histoire
de France. Il suffira de confronter ces deux statues agenouillées
avec les deux statues gisantes de Philippe et d’Isabelle que l’on voit
à Saint-Denis.

On sait que la statue en marbre du roi, mort sur la frontière de
Catalogne en 12852, fut commencée seulement à partir de 1298, et
placée sur la sépulture en 13073. La statue de la reine a été certaine-

1. Voir Gazette des Beaux-Arts, 3e pér., t. XIX, p. 265.

2. Le corps de Philippe III fut préparé pour le transport de la même manière
que ceux de la reine Isabelle et de saint Louis : les ossements seuls furent
apportés à Saint-Denis. Le reste de la dépouille fut enterré dans la cathédrale de
Narbonne. On y voyait encore, au xvne siècle, un petit monument commémoratif,
où le roi était représenté barbu. (Montfaucon, Monuments de la Monarchie fran-
çaise, t. II, pl. xxxv, n° 4, et p. 184.)

3. Voyez l’article de M. Bernard Prost dans la Gazette des Beaux-Arts, 2e pér.,
t. XXXVI (année 1887), p. 236.

xix. — 3e PÉRIODE.

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