Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 3. Per. 19.1898

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DIDEROT ET LE MUSEE DE L’ERMITAGE

De tontes les collections formées à
Paris au commencement du xvme siècle,
aucune ne fut plus importante que celle
de Pierre Crozat. Née, non d’un caprice
de parvenu, mais d’une volonté qui n’a
jamais connu de défaillance, et sans
cesse accrue durant près d’un demi-
siècle, cette galerie comportait, au mo-
ment du décès de son créateur, plusieurs
centaines de tableaux, dix-neuf mille
dessins de maîtres, quatorze cents pierres
gravées, des marbres et des bronzes an-
tiques ou de la Renaissance, et jusqu’à des faïences d’Urbino. Pierre
Crozat, mort sans postérité directe, avait fait de ses richesses plu-
sieurs parts. Chargé par son vieil ami d’exécuter ses volontés
suprêmes, Mariette rédigea le catalogue des dessins qui furent ven-
dus en 1741, ainsi qu’une description sommaire des pierres gravées.
Les dessins allèrent enrichir, au hasard des enchères, les principaux
cabinets de l'Europe, et bon nombre d’entre eux, après avoir appar-
tenu à Mariette lui-même, sont aujourd’hui au Louvre. Les pierres
gravées, acquises en bloc par le duc d’Orléans, moyennant 67.000
livres, demeurèrent au Palais-Royal jusqu’en 1787, date où un
marché conclu par Grimm les ht passer à Saint-Pétersbourg1.

I. Et non en Angleterre, comme l’avance Clément de Ris dans Les Amateurs
d’autrefois, confondant la vente des pierres gravées avec celle des tableaux de la
galerie d’Orléans, qui eut lieu effectivement en 1792. J’ai retrouvé aux Archives
Nationales et publié dans la dernière édition de la Correspondance littéraire de
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