Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 3. Per. 19.1898

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VELAZQUEZ1

J’ai été élevé dans le culte de Velâzquez.
J'étais tout jeune, à Madrid ; mon
père, par les journées radieuses
comme on n’en voit qu’en Espagne,
me menait parfois au Musée du
Prado, où nous faisions de longues
stations dans les salles espagnoles.
J'en sortais toujours avec un senti-
ment de profonde admiration pour
Velâzquez. Les Meninas, le Christ,
les Lances hantaient mon imagina-
tion. Plus tard, quand il me fut
permis de fréquenter les cours de
P Académie de San Fernando, je
retrouvai chez mes jeunes camarades d'atelier les mêmes élans
d’enthousiasme. Velâzquez était notre dieu. Nous connaissions ses
œuvres par cœur, nous savions comment était peinte telle main, telle
tète. Le moindre des repentirs si fréquents dans ses œuvres, ne nous

1. Les pages suivantes, dont M. Léon Bonnat veut bien nous donner la pri-
meur, sont extraites d’une préface que le maître vient d’écrire pour un livre
appelé à faire époque: le Velâzquez de M. de Beruete. Ce bel ouvrage, aujour-
d’hui sous presse, rencontrera sans nul doute la faveur qu’il mérite et que lui
prédit en ces termes le plus compétent des juges et le plus qualifié des parrains :
« Nul mieux que M. de Beruete n’était apte à nous conter la vie et à nous
décrire l’œuvre de Velâzquez. Sa double qualité de peintre et de lettré, son amour
passionné pour son immortel compatriote, ses lectures, ses recherches patientes
dans les archives et dans les musées, ses voyages à travers l’Europe, sa con-
science si scrupuleuse, sa curiosité toujours en éveil, et eniin et surtout son
courage pour dire ce qu’il sait être la vérité, l’ont aidé à écrire ce livre impor-
tant, qui est et qui restera le livre définitif sur le grand peintre espagnol. »

xix. — 3' TÉRIODE.

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