Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 3. Per. 19.1898

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CORRESPONDANCE DE BELGIQUE

ruxelles aura, cette année, un congrès de nature assez spéciale,
dû à l’initiative de 1’ « Association de l’Œuvre d’art appliquée
à la rue », la même, on s’en souvient, qui fut, à l’Exposition
universelle de Bruxelles, la promotrice d’une exhibition fort
bien ordonnée d’un riche ensemble d’éléments architecto-
niques et sculpturaux, auxquels le public s’est beaucoup inté-
ressé.

Le congrès de 1’ « Art public», organisé avec le concours d’un nombre con-
sidérable de personnalités officielles et du monde des arts, sera international.
S’il a la sagesse de restreindre son programme, il pourra tenir d'intéressantes et
fructueuses séances et venir utilement en aide aux pouvoirs publics. C’est vers
la fin de septembre qu’auront lieu les réunions.

A Anvers fonctionne, d’une manière indépendante, une association similaire.
Son objet n’est pas seulement de veiller à la sauvegarde des monuments, mais
aussi de diriger le goût public. Soutenue par l’administration communale, elle
met au concours la création d’un candélabre pour l’éclairage des rues et s’occupe
d’organiser une exposition d’art décoratif.

L’art public doit puiser sa première force dans l’esprit public, lequel est loin
d’être à la hauteur des aspirations des hommes qui combattent au nom du bon
goût. Le ministre des Beaux-Arts est, à diverses reprises, intervenu pour rappeler
les administrations aux règles qui s’imposent pour la restauration des monu-
ments. Le courant est difficile à remonter. Les mœurs, sachons le reconnaître,
aident peu au triomphe du beau sur l'utile et sur l’intérêt privé. La loi ne protège
pas les propriétés particulières qui ont un intérêt d’art ou d’histoire contre de
meurtrières démolitions ou des transformations barbares.

Citons l’antique Boucherie d’Anvers, par exemple, un des types les plus
remarquables de l’architecture du xvc siècle dans notre pays. Que demain il
prenne fantaisie à son possesseur de la démolir, rien ne s’y opposera. De même,
à Gand, pour la célèbre Maison des Bateliers.

Le projet de loi depuis longtemps promis, attribuant à l’État un certain pou-
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