Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 3. Per. 19.1898

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HANS HOLBEIN SUR LA ROUTE D’ITALIE

LUCERNE, ALTDORF

(DEUXIÈME ET DERNIER ARTICLE')

C’était un des premiers patriciens de Lucerne, ce Jakob de Her-
tenstein, qui confiait au jeune Holbein, en 1517, la décoration de
l’immeuble qu’il avait acquis en 1511. Fils deCaspar de Hertenstein,
chevalier, membre du grand conseil et du petit conseil, bailli de
Kriens et Eigenthal, gouverneur de Munster, plusieurs fois grand-
juge, Jakob avait vu son père commander l’arrière-garde à la bataille
de Morat. Héritier de la plupart des charges et dignités paternelles,
l’avoyer Jakob avait le juste orgueil d’un homme qui vient de loin et
qui s’est uni quatre fois avec des familles illustres, jamais avec une
Lucernoise. La décoration de la maison reproduisit les quatre écussons
de ses épouses successives autour du sien propre. Possesseur d’une
maison d’angle, dans le plus riche quartier de Lucerne, sur ce Kapell-
platz où battait le cœur de la cité, près du Kornmarkt, de laFurre,
où demeuraient, à côté de ses propres cousins et alliés, les familles
nobles, les Hasfürter, les Lutishofen, les Ilunwyll, Jakob de Herten-
stein prouva que son goût était égal à sa naissance, lorsqu’il choisit
le petit peintre de vingt ans venu de Bâle.

Le plan de Martin Martini (1597) montre la célèbre maison.
Puis, aucun historien de l’art n’en parle plus. Non seulement San-
drart et van Mander se taisent ; mais ni Charles Patin, d’ordinaire
mieux informé sur Holbein, ni Jean-Gaspard Füssli dans son 1

1. V. Gazette des Beaux-Arts, 3U pér., t. XVIII, p. 441
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