Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 3. Per. 19.1898

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HANS HOLBEIN SUR LA ROUTE D’ITALIE

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et sans subir d’autres influences que ses goûts ingénus. Quel maître,
envahi par les servitudes de la renommée, ne l’envierait?

Voilà peut-être un long propos sur des œuvres douteuses ou
presque entièrement effacées. Mais se lassera-t-on jamais de parler,
quand on étudie Hans Holbein? Il y a des maîtres — Rembrandt
serait le premier d’entre eux — qui inspirent, grâce à la nature de
leur génie, une singulière ferveur; et bien souvent, si leur œuvre
est des plus nettes., leur existence est trouble et vague. Il en est
ainsi pour Holbein dans ses premières années. Et cela rend la période
de ses débuts plus attachante. L’artiste dans le rayonnement du
succès, Holbein chez le roi d’Angleterre, Dürer à Venise, c’est le
soleil à l’apogée ; mais il est permis de trouver plus fines, plus déli-
cieuses dans leur mystère et leur pénombre, les premières lueurs
qui succèdent au crépuscule du matin.

PIERRE GAUTHIE Z
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