La chronique des arts et de la curiosité — 1898

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ET DE LA CURIOSITÉ

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REVUE DES REVUES

Revue encyclopédique Larousse (25 dé-
cembre 1807). — Remarquable article (le M. P.
Leprieur sur L'Art en Allemagne en 1897 (avec
13 reprod. d'après Bœcklin, Holbein, Eckmann,
Kœnig, Flossmann, Riemerschmid, Erlor).

— (1er janvier). — Curieux numéro consacré à
La Caricature française au xixB siècle : élude
par M. Deberdt, accompagnée de nombreuses
reproductions.

0 Le Figaro illustré (janvier). — Sous le
titre : Les Mages à Florence, M. Robert de la
Sizeranno donne, dans ce fascicule, sur les trois
chefs-d'œuvre inspirés par l'Adoration des Mages
à Bottiçelli, à Benozzi Gozzoli et à Gentile da Fa-
briano, de jolies pages qu'illustrent de belles re-
productions de ces peintures.

* Anzeiger des germanischen National-
muséums (1807, n» 4). — Suite de la description
de l'intérieur d'une maison bourgeoise du sud de
l'Allemagne au xvmc siècle d'après des dessins de
l'époque conservés au Musée germanique, et dont
trois sont reproduits hors texte.

* Un article do M. K. Schaefer nous fait con-
naître d'intéressant types de chaises rustiques
sculptées du siècle dernier provenant de diffé-
rentes provinces d'Allemagne (4 reprod.).

Suite du catalogue des tapisseries du Musée
germanique (avec planche hors texte reprodui-
sant une tapisserie espagnole du xvii0 ou xvm°
siècle).

(N° 5). — Suite de l'article de M. G. von Bezold
sur les anciens instruments scientifiques conser-
vés au Musée germanique : différents types de
graphomètres (8 fig.).

* M. Th. Hampe consacre une longue et inté-
ressante étude à une étoffe imprimée de la collec-
tion Forrer, entrée il y a trois ans au Musée
germanique, et où est représentée sainte Anne avec
la Vierge enfant et des séraphins (reprod.) : attri-
buée par certains critiques à l'école franco-bour-
guignonne, d'autres, parmi lesquels M. Hampe,
voient dans ce curieux ouvrage, qui offre beaucoup
de rapports avec deux dessins de l'école de Colo-
gne conservées au Musée germanique (reprod.), la
main d'un artiste de cette école à la fin du xrv"
siècle.

+ Zeitschrift fur bildende Kunst (décem-
bre 1807). — M. R. Stiassny, si familier, comme
nos lecteurs le savent, avec tout ce qui touche à
Hans Baldung Grien, donne, à propos de la publi-
cation que fait M. G. von Térey des dessins du
maître, une étude approfondie sur ces dessins et
la carrière artistique de Baldung, qui contredit
sur plusieurs points les appréciations de M. Térey,
et est accompagnée de six reproductions, parmi
lesquelles un Apôtre, dessin à la sanguine de
la Galerie nationale de Budapest, omis dans le
recueil en question.

+ Suite du compte rendu des séances du Congrès
do l'Histoire de l'Art, tenu à Budapest, en 1896

(avec reprod. de la Sainte Catherine do Lorenzo
Monaco et de la Madone de Filippo Lippi, acquis
il y a deux ans par la Galerie de Budapest).

+ Dans la partie de la revue consacrée à l'art
décoratif, étude de M. Fr. Minkus sur les grilles
de fer forgé imitant des effets de perspective,
telles qu'on en fit en beaucoup d'endroits au
xviir3 siècle et dont une se trouve à l'église du sé-
minaire do Kreuzlingen, près Constance (reprod.).

BIBLIOGRAPHIE

Les Collections de la Comédie-Française,

catalogue historique et raisonné, parGEOROES
Mon val, archiviste de la Comédie-Française.
Paris. Société de propagation des livres d'art,
1897, in-4» ill.

Les collections de la Comédie-Française sont
célèbres autant par leur valeur artistique que
par leur intérêt historique ; les statues et les
tableaux que renferment le foyer du public et
celui des artistes ne sont pas seulement, pour la
plupart, des chefs-d'œuvre d'art : ce sont aussi
d'authentiques monuments élevés à la gloire de
la littérature française. Jusqu'à ce jour, ces
collections n'avaient été l'objet d'aucun catalogue
raisonné. M. René Delorme, dans son Musée de
la Co?nédie-Française;M. Chabrol, dans quelques
pages do l'Inventaire des richesses d'art de la
France; M. Ed. Got, dans une causerie artistique
publiée dans la Gazette des Beaux-Arts en 1886,
avaient bien donné un aperçu des trésors du
Théâtre-Français, mais aucun relevé méthodique
n'en avait encore été publié.

M. Georges Monval, qui est l'érudit le mieux
informé qui soit sur tout co qui touche à la
Comédie-Française, en offre au public un cata-
logue cette fois complet. Ce n'est pas de la
critique d'art, dont les appréciations, si ren-
seignées qu'elles soient, sont toujours sujettes à
revision : ce sont des faits, des documents, c'est
de l'histoire.

La place nous manque pour relever les rensei-
gnements nouveaux, les erreurs rectifiées, les
origines établies, que l'on rencontre à chaque pas
dans ce catalogue. Mais il faut citer l'historique de
ce singulier tableau des Farceurs, dont le cata-
logue publie, pour la première fois, une photo-
graphie. M. G. Monval a retrouvé tous les
éléments do cette composition dans les estampes
contemporaines de Molière ; il a montré que cette
œuvre était do fabrication commerciale. Ajoutons
que c'est la présence môme do Molière dans ce
tableau qui le rend encore plus singulier. Sa date
est de 1670: jusqu'à preuve du contraire, admet-
tons-la.

Molière y est représenté dans le costume
d'Arnolphe, de l'École des Femmes, tel, ou à peu
près, qu'il figure dans la petite estampe de Fran-
çois Chauveau, pour l'édition originale de 1663,
personnage reproduit clans le frontispice du
tome II de l'édition de 1666. Or, en 1670, date du
tableau, Molière n'était plus seulement, dans
l'opinion, l'auteur de l'École des Femmes. Il avait
donné Le Misanthrope, le Tartufe et L'Avare;
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