La chronique des arts et de la curiosité — 1908

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N° 13. — 1908.

BUREAUX 106, BOULEVARD SAINT-GËRMAIN (&«)

28 Maïs.

LA

CHRONIQUE DES ARTS

ET DE LA CURIOSITÉ

SUPPLÉMENT A LA GAZETTE DES BEAUX-ARTS

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Le ISTuro-éro : O fr. 25

PROPOS DU JOUR

)£W(-g0^'enseignement du dessin dans l'en-
j£jf#~Çt) seignement primaire et secondaire
(Si>y^ï?i es* depuis longtemps déjà l'objet
^JSLr&kX de réflexions et de discussions
graves. Récemment encore la question a été
minutieusement examinée dans une série de
conférences organisées au Musée pédagogi-
que. Ce qui en est cause, c'est la méthode en
usage depuis un quart de siècle et qui fait du
dessin linéaire et géométrique la base de l'en-
seignement.

A l'expérience, ce système a paru contes-
table. Il demande aux enfants un effort
d'abstraction qui n'est pas en harmonie avec
leur instinct et qui les rebute. Chacun sait
que les classes de dessin ne sont ni les plus
suivies ni les plus disciplinées. Au bout de
quelques années de cette éducation, le résul-
tat est forcément médiocre. Ceux des jeunes
gens qui adoptent plus tard des métiers in-
dustriels sont souvent obligés de refaire leur
éducation. Il y a là, on le voit, une consé-
quence de l'imperfection des méthodes em-
ployées qu'on ne peut négliger et qui inté-
resse le bon renom et l'avenir de nos produits
nationaux.

Toutes ces raisons ont amené un grand
nombre de professeurs de dessin à se deman-
der s'il n'y aurait pas lieu d'utiliser davan-
tage les goûts de l'enfant pour l'observation
directe et la nature vivante. Il ne s'agit pas,
bien entendu, de proscrire l'étude du dessin
linéaire, mais d'en réserver l'étude pour un
âge où les facultés d'abstration sont plus
éveillées et de laisser une place à la fantai-
sie, au sens de la couleur, à l'instinct de l'en-
fant, dont il n'est tenu présentement aucun
compte. Des essais ont été tentés dans ce

sens, et ils ont eu plein succès. Non seule-
ment les élèves prennent plus d'intérêt à la
classe de dessin ainsi comprise, mais ils ma-
nifestent des qualités d'imagination et d'ob-
servation qui ne demandent qu'à se déve-
lopper. Puisque l'Université étudie le pro-
blème de l'enseignement du dessin avec tant
de zèle et de conscience, il faut souhaiter
qu'une réforme intervienne et accorde désor-
mais plus d'initiative et de liberté à l'élève
comme au professeur. C'est l'enseignement
d'abord qui y gagnera de la vie ; ce sont les
industries d'art ensuite qui bénéficieront un
jour de ce que l'enseignement aura heureuse-
ment préparé.

-<3DC=-

NOUVELLES

**# La réouverture du Musée Condé, à Chan-
tilly, aura lieu le samedi 18 avril, veille de
Pâques. Le public pourra visiter gratuitement
ce musée tous les dimanches et jeudis jus-
qu'au 15 octobre, à l'exception des dimanches
et jeudis, où des courses auront lieu à Chan-
tilly, soit les 24, 28 et 31 mai, les 30 août et
G septembre.

Le Musée Condé recevra le samedi, dans
l'après-midi, des visites payantes, dont le
produit sera versé à la Société de secours aux
blessés militaires, dont le duc d'Aumale fut
pendant plusieurs années le président.

*** L'École des Beaux-Arts vient de béné-
ficier d'une libéralité princière. A la suite
d'un banquet offert le 18 mars au maire de
New-York par un groupe d'architectes amé-
ricains, anciens élèves de l'Ecole des Beaux-
Arts de Paris, ,l'ambassadeur do France,
M. Jusserand, a reçu de M. J. Stillmann un
chèque de 500.000 francs pour l'Ecole des
Beaux-Arts de Paris. M. J. Stillmann a sim-
plement spécifié, comme unique condition,
que les Français seuls devraient en profiter.
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