La chronique des arts et de la curiosité — 1908

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N° ». - 1908. BUREAUX : 106, BOULEVARD SAINT-GERMAIN (6e) 14 Novembre.

CHRONIQUE DES ARTS

ET DE LA CURIOSITÉ

SUPPLÉMENT A LA GAZETTE DES BEAUX-ARTS

PARAISSANT LI SAMIDI MATIN

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J-,m ISTiiméro : O fr. 25

PROPOS DU JOUR

jùvëra plus loin le plan du
ve\ enseignement du dessin
que la Commission instituée au
ministère pour la revision des
programmes vient d'établir. Ce projet, qui se
présente sous des formes, très simples, pro-
pose toute une révolution dans l'étude du
dessin, et il faut le dire tout de suite, une
révolution heureuse, depuis longtemps sou-
haitée par le plus grand nombre do ceux qui
s'occupaient de ce délicat problème pédago-
gique.

La méthode employée jusqu'ici dans les
lycées est abstraite et uniforme. C'est le des-
sin géométrique qui seul est enseigné pen-
dant la majeure partie des études. A la fin,
seulement, les élèves sont mis en présence de
figures en plâtre, presque toujours des têtes
moulées d'après l'antique. Cette méthode aété
adoptée jadis sur le conseil de maîtres illus-
tres, et il n'est pas besoin de rappeler ici les
arguments qu'on a pu, justement d'ailleurs,
faire valoir en sa faveur. Mais force est bien,
après une expérience déjà longue, de recon-
naître qu'elle a échoué. Les classes de dessin,
malgré les efforts (les professeurs et les résul-
tats obtenus par de très rares élèves, sont
extrêmement faibles; elles ont surtout le grave
tort de ne rien laisser dans l'esprit de ceux
qui les suivent, et de leur paraître un cours
facultatif sans rapport avec la culture géné-
rale.

C'est à cette situation de l'enseignement du
dessin qu'on a voulu remédier. Les essais
faits l'an dernier dans les lycées de Paris, et
les conférences organisées au Musée pédago-
gique ont abouti à des résultats significatifs.

S'inspirant de ces travaux préparatoires, la
Commission propose de donner comme base
aux programmes l'étude de la nature dans la
variété de ses formes et de ses couleurs. On
demandera à l'élève une interprétation sé-
rieuse, mais libre, du modèle qu'on lui indi-
quera, et l'on choisira le modèle parmi les
objets et les formes mêmes dont l'élève s'oc-
cupera dans ses classes d'histoire, de bota-
nique, de zoologie, etc. On l'intéressera aux
motifs d'architecture ; on l'invitera à faire
des croquis d'après nature ; on lui fera même
faire des exercices de modelage. Il s'agit, on
le voit, moins d'enseigner à fond le dessin
que de donner l'idée de ce qu'il est et le goût
de l'apprendre; il s'agit de le faire concourir
à la culture intellectuelle, et de substituer
à l'enseignement abstrait et impersonnel
quelque chose d'attrayant et de vivant.

Au cours de la séance du 9 novembre, le
Conseil municipal s'est encore occupé de la
Galerie des Machines. On sait qu'aux termes
des derniers projets l'Etat doit faire trans-
porter la Galerie à Issy-les-Moulineaux ou
ailleurs avant le 31 décembre. Un peu plus
de six semaines nous séparent de ce délai.
Comme rien ne semble encore entrepris, le
Conseil municipal s'inquiète. M. le Préfet de
la Seine a déclaré qu'il ferait connaître au
gouvernement le désir du Conseil d'avoir une
solution quelle qu'elle fût le 31 décembre. Il
est à craindre, dans ces conditions, que si, à
cette date, la Galerie n'est pas transportée, la
Ville préfère la mettre en adjudication, ou' la
démolir. Souhaitons donc, une fois de plus,
que l'État se hâte et sauve un curieux exem-
ple de l'architecture du xixe siècle.
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