La chronique des arts et de la curiosité — 1908

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N° 15. - 1908. BUREAUX 106, BOULEVARD SAINT-GERMAIN (6e)

11 Avril.



CHRONIQUE DES ARTS

ET DE LA CURIOSITÉ

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Le 3^-u.ro.ôro : O fr. 25

PROPOS DU JOUR

a. protection des antiquités et des
paysages vient d'être, en Italie, le
sujet d'une loi dont nous avons
résumé les dispositions, mais sur
laquelle il est intéressant de revenir. Les
mêmes problèmes se posent, en effet, de l'un
et de l'autre côté des Alpes ; les mêmes dif-
ficultés se présentent, et les moyens de sauve-
garde dont disposent les législations modernes
sont analogues. L'Italie avait un ensemble de
dispositions très sévères. Si elle songe à les
reviser aujourd'hui, c'est moins pour les mo-
difier que pour les codifier.

D'après le nouveau projet tous les meubles
et immeubles —et pour ce dernier mot il faut
entendre aussi les jardins, forêts, paysages —
ayant un intérêt artistique, sont inaliénables
lorsqu'ils appartiennent à l'Etat, aux com-
munes, aux provinces, aux fabriques ou aux
associations. L'Etat se reconnaît même le
droit d'intervenir pour assurer leur conser-
vation, ou leur restauration, quitte à obliger
le propriétaire à contribuer aux frais s'il est
en situation de le faire; il s'attribue le droit
d'expropriation, et l'accorde également aux
institutions qui ont pour fonction spéciale la
conservation des monuments.

Quant aux meubles et immeubles apparte-
nant à des particuliers, la loi ne se montre
pas moins exigeante. Elle interdit d'en trans-
mettre la propriété sans avertir le ministère
des Beaux-Arts, et donne au Gouvernement
le droit d'acheter la chose à vendre au prix
stipulé dans le contrat d'aliénation. Ce droit
de préemption peut être exercé pendant un
délai qui, selon les circonstances, va de trois
à six mois. Quand il s'agit non plus de vente
à l'intérieur du royaume, mais d'exportation,
cette exportation ne peut avoir lieu que si le

Gouvernement la permet. S'il juge que les
objets d'art doivent rester en Italie, il pro-
pose au propriétaire de les acquérir moyen-
nant un prix fixé par une Commission d'ex-
perts. Une loi spéciale qui réorganise les
services des Beaux-Arts s'occupe des moyens
de surveiller cette exportation. C'est là, en
effet, la difficulté, et nous voyons, par ce qui
se passe chez nous, que les textes législatifs
ne suffisent pas. Il faut aussi que l'opinion
intervienne et aide l'effort du législateur. Peut-
être la discussion d'une loi d'ensemble comme
celle qui se prépare en Italie est-elle un moyen
d'éveiller l'attention publique, de donner
toute leur force à des scrupules nationaux et
de rappeler aux contrevenants, outre le mal
qu'ils font, les peines qu'ils encourent.

On assure qu'un danger imprévu, résul-
tant de la malencontreuse exploitation de la
roche sur laquelle elle est construite,]men ace la
vieille cité des Baux. Elle est un des ornements
du Midi de la France, et il n'est pas de voya-
geur, un peu ami du pittoresque et du
passé qui n'en ait gardé le souvenir. Il suffira
sans doute d'appeler l'attention des pouvoirs
publics pour que le Midi, si abondamment
représenté dans le Parlement et dans les
Conseils du Gouvernement, n'ait pas à subir
cette injure.

M. le directeur du service des Beaux-Arts
de la Ville de Paris a bien voulu, comme suite
à notre Pr02ws du jour de la semaine der-
nière, nous aviser que « la Commission char-
gée par le Préfet de la Seine d'examiner la
question des droits d'entrée, avait décidé que
les membres de toutes les associations de
presse ou d'écrivains (revues artistiques et
littéraires, critiques d'art, etc.) seraient admis
gratuitement sur la présentation de leur carte
personnelle, d'identité » et qu' « un avis com-
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