La chronique des arts et de la curiosité — 1908

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LA CHRONIQUE DES ARTS

r/ans de Merv, do Samarcande, de Tachkent, il a
noté quelques observations suggestives et réuni
dos faits qui permettent de prédire une riche mois-
son archéologique aux futurs La yards de cesbaby-
lones touraniennes ensevelies sous des montagnes
do détritus.

M. Arthur Mahlor, l'archéologue tchèque —
qu'on ne s'attendait guère à voir dans cette af-
faire — combat les restaurations traditionnelles
de la Vénus d'Arles (au Louvre). Pour lui, la
déesse est représentée dans l'acte de filer la laine
— un texte de Pausanias fait d'Aphrodite Ourania
l'aînée des Parques — et la Vénus d'Arles n'est
pas autre chose qu'une réplique de la fameuse
Katagousa (fileuse) de Praxitèle. Il est vrai que
PHno cite celle ci parmi les œuvres en bronze, et,
quoi qu'en dise Mahler, la figiu'e du Louvre n'évo-
que pas l'idée d'un original en métal.

M. Herbert Richard Cross signale un nouvel et
intéressant exemplaire du type dit « Sapho ». C'est
une tète en marbre qui, de Rome, a émigré au
musée de Worcester (Massachussetls). Une note
nous apprend que l'authenticité en est contestée.

Charles R. Morey étudie, après Marucchi, le
sarcophage chrétien découvert en 1901 à Santa Maria
Antiqua sur le Forum. Il fait justice des interpré-
tations ultra-allégoriques de son prédécesseur. Le
monument n'en reste pas moins curieux comme
un spécimen de la traduction maladroite de motifs
chrétiens par un artisan tout frais émoulu des
traditions païennes. Il offre la plus ancienne re-
présentation connue, sur un sarcophage, du bap-
tême du Christ. Le défunt, en philosophe assis, et
sa femme, en orante, ont des têtrs inachevées ;
parmi les nombreux exemples de ce groupe sur
les sarcophages du et du iv° siècle, l'auteur
aurait dû rappeler celui de Sidamaria.

C. Densmore Curtis consacre une monographie
approfondie aux arcs monumentaux (vulgo : arcs
de triomphe) romains, dont Frothingham, il y a
quelques aimées, a dressé un catalogue exhaustif.
M. Curtis n'admet dans sa liste que les arcs pro-
prement dits, à l'exclusion des portes murales, et
seulement ceux qui ont été examinés et décrits
avec soin par les explorateurs modernes ; lui-même
en a visité la plupart. 11 voit dans 1' « arc de triom-
phe » principalement un support de statues éle-
vées, de même destination que les colonnes monu-
mentales. On peut distinguer cinq périodes dans
l'histoire do ces monuments : 1" le règne d'Auguste
(Rimini, Aoste, Suse, Saint-Romy, Orange, Ole);
2' de Tibère à Hadrien (Paiute.s, arc de Titus,
Bénevont, Mactaris); 3" Hadrien à Seplime Sévère
(Adalia, Athènes, Patara, Tripolis, Timgad) ;
4° Sévère à Constantin (arc de Sévère à Rome,
Tebcssa, Dougga, Reims, Salonique) ; 5° depuis
Constantin (arc de Constantin à Rome, Cillium).
A chaque période, le type va se compliquant et se
surchargeant : ouvertures secondaires, colonnes
détachées, etc. Après Constantin, la décadence se
précipite. T. .R

Biedermeier-Wùnsche. Horausgegebcn von Prof.
Dr Gustav. E. Pazaukek. Stuttgart, J. Hoff-
mann. In-4° obi., 50 planches, dont 1 en cou-
leurs, avec 25 p. do texte ill. (Tiré à 400 exem-

' piaires numérotés ; 40 marks).

On appelle époque « Biedermeier » en Autriche
l'époque qui s'étend du Congrès de Vienne à la

révolulion de 1848, période tranquille où tout, art,
litératurc, mobilier, rftlète les mœurs paisibles
d'une bourgeoisie sans ambition, aisément satis-
faite, contente de tout, de soi-même et de ses gou-
vernants, et bornant son horizon aux limites de sa
propre existence. Les caprices de la mode ont
remis dernièrement en vogue, en Autriche et on
Allemagne, tout co qui touche à cette « Biedcr-
moierzeit », comme chez nous tout ce qui est Em-
pire ou dix-huitèmo siècle. Et un éditeur d'art de
Stuttgart a eu l'idée d'oxhumer, pour notre amuse-
ment de collectionneurs, toute une série de cartes
lithographiques illustre'es pour souhaits de fête ou
de nouvel an, comme il s'en distribuait à co mo-
ment entre amis.

C'est une curieuse collection. Non très artistique
assurément; trop souvent la gaucherie de l'exécu-
tion répond à la pauvreté cl à la fadeur de l'in-
vention, propres encore de nos jours à ce genre do
cartes ; mais souvent aussi la composition est in-
génieuse, ce qui n'est pas le cas de la plupart do
nos cartes modernes, do plus en plus indigentes ot
niaises à tous points de vue ; et de tout cet en-
semble se dégagent une impression do naïveté
« bon enfant », un parfum vieillot, qui ne sont
pas sans charme. En tout cas, il était intéressant,
au point de vue documentaire, do sauver de l'oubli
ce groupe particulier qui, dans l'histoire de la
« petite estampe », vient prendre place à la suite
des créations spirituelles et charmantes du dix-
buitième siècle. M. G -E. Pazaurek, dans l'étude
préliminaire qu'il lui a consacrée et où il en a
donné l'histoire détaillée, en a bien montré l'in-
térêt spécial.

A. M.

-—jsgg wwil _»-

NECROLOGIE

La semaine dernière est mort àRoyan le peintre
Léon-Bazile Perrault de la Société dos Artistes
français. Il était no à Poitiers et avait été élève do
Picot et do Bouguereau. Il exposa, à partir do 1861,
des sujets do genre, clos allégories, ou des por-
traits d'un style académique et d'une facture un
peu molle. Il avait obtenu une médaille de 3« classe
en 1875, une de 2" classe en 187G, une médaille de
bronze à l'Exposition de 1889 ot une d'argent à
celle de 1900. Il avait été nommé chevalier de la
Légion d'honneur en 1887.

On annonce également la mort à Paris, à l'àgo
do quarante-sept ans, du peintre Charles Morel,
décédé le 27 juillet.

Nous avons le regret d'apprendre la mort du
céramiste Ernest Carrière, chef dos ateliers de
décoration de la Manufacture Nationale de Sèvres,
membre de la Société Nationale des Beaux-Arts et
de la Société des Artistes français, décédé à Paris
la semaine dernière, à l'âge de cinquante ans. Il
était né à Strasbourg et le frère du peintre Eugène
Carrière. Il avait obt nu une médaille de bronze
à l'Exposition Universelle de 1900.

La semaine dernière est mort subitement à
Anvers, d'une congestion, le peintre et graveur de
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