La chronique des arts et de la curiosité — 1908

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ET DE LA CURIOSITÉ 373

santés remarques sur le catalogue raisonné de cette
galerie, si importante pour l'histoire de la pein-
ture flamande au xvir siècle. La Galerie impériale
est très riche en tableaux do Gérard Soghers,
Crans Wouters, Andréas Benedetli, Jan van Dalem,
Jan van den Hecke, Erasmus Anellinus et Jean
Erasmus Quellinus, et il restitue à ces maîtres
plusieurs tableaux attribués jusqu'alors à d'autres
artistes. C'est ainsi qu'un prélendu portrait de
Rembrandt enfant, couronné do Heurs, classé au-
trefois parmi les œuvres de Rubens, lui semble
aujourd'hui dà à la collaboration de Jan van den
Hecke. De même, il a élabli qu'une natuie morte
attribuée à Jean de Kcem serait l'œuvre d'Andréas
Benedetti (82 ill. et G planches).

(Fasc. 2). — M. Robert Stiassny donne une étude
très neuve et très savante sur les pointures de
l'écolo de Salzbourg, qui fut au xv* siècle un cen-
tre artistique aussi important que pendant la
période romane. Parmi les plus anciens et les
plus intéressants monuments do cet art, est repro-
duite une Crucifixion de 1449, de Pfenning, qui se
trouve à la Galerie impériale de Vienne, et avec la-
quelle l'auteur compare une curieuse Crucifixion
de Laib, à la cathédrale de Gralz. L'école de
Salzbourg se développa pendant le xv siècle et l'in-
fluence do son caractère très réaliste, très parent
de l'art du Tyrolien Michel Pacher, se remarque
dans de nombreux tableaux à Ratisbonne et Gross-
gmain : La Présentation au Temple, La Mort rie
la Vierge. La Pentecôte, attribués au maître R. F.
qui est identifié avec Rueland Frueauf, peintre
né environ vers 1440 à Passau ou à Salzbourg.

(Fasc. 3).— Co fascicule contient deux curieuses
études. L'une, de M. Franz Wic'.choiï, montre l'in-
fluence exercée par l'atelier du peintie de la lie-
naissance italienne Bonifazio sur lequel Gustav
l.udwig a publié un travail clans le Jarhbuch de
Berlin, d'après des documents nouveaux. Parmi
les disciples du maître, Jacopo Bassano, l'auteur
de l'esquisse do chiens pour l'Adoration des Ber-
gers, à Madrid, Slefano Cernelto et tant d'autres,
WickhofT est attiré surtout par Antonio Palma et
se demande, après Ludwig, si l'on peut trouver
en lui le véritable héritier de Bonifazio (11 ill. et 1 pl.).

La seconde partie du fascicule est relative au
célèbre Coder, de Dioscoride, de la Bibliothèque
impériale devienne, dont M. A. von Premersteiu
montre l'importance pour l'histoiie de la miniature
byzantine. Le fameux parchemin est surtout bien
connu par la figure d'Anicia Juliana, assise sur un
trône et entourée de deux figures symboliques. Un
fac-similé reproduit la grandeur et la couleur de
l'original et nous donne une idée exacte de cette
dame de qualité, qui vivait au vi* siècle (G ill. etlpl.).

(Fasc. 4). — M. J. von Schlosser fait voir com-
bien parmi les artistes de la Benaissance Ghiberti
est un de ceux qui ont eu au plus haut point la
passion do l'antiquité. 11 établit, par une série de
preuves, que le sculpteur possédait une collection
de marbres et bronzas antiques parmi lesquels le
fameux lit de Polyclète, à propos duquel on a tant
écrit, et une stitue de Lysippe, sans parler des
autres objcLs que nous ignorons, faute do témoi-
gnages. Ainsi, sans pouvoir affirmer avec certitude
qu'uo torse antique, figurant dans une collection
privée italienne ait appartenu à Ghiberti, il cons-
tate la parente incontestable de ce morceau avec le
torse du jeune Isaac destiné au concours de 1402
Pour le Baptistère (15 ill.).

(Fasc. 5). — Cette livraison est occupée par le
grand travail, si important de M. Max Dvorak,
dont il a été rendu compte ici même en détail (1) :
L'Énigme de l'art des frères Van Eyck (tfj ill.
et 7 planches).

(Fasc. 6). — Suite de la publication, rar M. Hein-
rich Zimmermann, des inventaires, actes, oie, des
archives de la Maison d'Autriche ayant trait aux
collections impériales et aux commandes artisti-
ques des Habsbourg.

X The New-York Herald (supplément d'art)
(2 août). — Articles sur un poi trait do Lafayeite
par un peintre aujourd'hui oublié, Jean Le Paon
(2 fig.); — sur le portraitiste du xvnr siècle
Nicolas Belle (3 fig.); — sur Avignon (2 grav.), —
et sur le palais de l'Elysée (1 fig.).

(16 août).— Notices sur le portrait de Marmontel
par Roslin et le dessin d'Augustin de Saint-Aubin
récemment acquis par le Louvre (reprod.) ; —
sur Jean de Bologne (3 reprod. d'oeuvres).

(30 août). — Note sur le Portrait de la comtesse
de Warwlck avec ses deux enfants, par Rommey
(reprod.).

(13 septembre1. — Notes inédiles sur le peintre
Roslin; — article sur les sculplures du tour du
chœur de la cathédrale d'Amiens (3 fig.), — et re-
production du grand tableau de Frans Hais récem-
ment acquis par la National Gallery de Londres.

(27septembre).— Note sur un tableau de Boucher,
Allégorie de la Peinture, au musée de Glasgow
(reprod.).

(25 octobre). — Notices sur le Portrait de
Paracelse, par J. van Scorel et le Portrait de
Hosalie Frar/onard dessiné par Fragonard, ré-
cemment entrés au Louvre (reprod.); — sur
l'Hôtel de ville de Paris (4 lig.) ; — sur l'église du
Val-de Grâce (1 fig.).

(8 novembre). — Articles sur Aiguos-Morlos
(5 dessins), — et sur le pciutre Natoiro (portrait et
3 reprod. d'œuvres).

BIBLIOGRAPHIE

A. Gbuyer.— La Jeunesse du roi Louis Philippe
d'après les portraits et les tableaux conser-
vés au Musée Gondè. Paris, Hachette, 1908
Un vol. in-8" de 270 p. avec 28 pl.

A Chantilly, dans le Musée Condé, M. Gruyer
garde et étudie avec soin tous les souvenirs
qui évoquent la vie des princes et princesses
de la maison d'Orléans. Beaucoup de toiles et
de miniatures parlent de lajeunesse du roi Louis-
Philippe, do sa gouvernante, M™° do Gcnlis, de ses
parents, le duc et la duchesse de Chartres, de ses
frères, le duc de Montpensier et le comte de Beau-
jolais, de sa sœur, la duchesse d'Orléans. Démi-
nent conservateur de Chantilly écrit l'histoire des
grands événements qui interrompirent parfois les
études des enfants d'Orléans, et il fait passer de-
vantnous, en les accompagnant d'anecdotes piquan-
tes et de faits curieux et intéressants, les princi-
paux tableaux qui représentent leurs portraits
ou des scènes touchantes de leur vie de famille.

(1) V. la Chronique des Arts du 11 mars 1905
p. 75.
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