La chronique des arts et de la curiosité — 1908

Page: 394
DOI issue: DOI Page: Citation link: 
https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/cac1908/0404
License: Free access  - all rights reserved Use / Order
0.5
1 cm
facsimile
894

LA CHRONIQUE DES ARTS

jadis au palais Borghèse et qui esttrès connue
des archéologues, était devenue vers 1894 la
propriété du célèbre amateur anglais Hum-
phryWard. Elle vient d'être placée dans la
salle grecque, en pendant de la tête de ïApol-
lon dit « Choiseul-Gouffler », copie d'une
œuvre appartenant à la même période.

La Gazelle des Beaux-Arts publiera dans
son prochain numéro une étude sur ce su-
perbe morceau, accompagnée d'une reproduc-
tion en héliogravure.

*** Le Conseil des Musées nationaux vient
d'accepter avec reconnaissance le don fait par
notre directeur, M. Théodore Reinach, au
musée du Luxembourg du tableau de Gustave
Moreau Médée et Jason qu'Ary Renan consi-
dérait comme une des « quatre cariatides »
du portique idéal s'ouvrant sur l'œuvre du
maître, et dont la gravure de M. Patricot (1)
a si parfaitement traduit la beauté.

**# Par décret en date du 3 décembre, le
palais synodal de Sens (Yonne), déjà classé
au nombre des monuments historiques, est
affecté au service de l'administration des
Beaux-Arts.

*** Sur la commande qu'il en a reçue du
sous-secrétaire d'Etat des Beaux-Arts, le
peintre Henri Martin exécute en ce moment
deux grands panneaux représentant des paysa-
ges, destinés à être placés clans le cabinet du
secrétaire général de la Présidence. L'une de
ces toiles figurera au Salon de l'an prochain.

**# On vient de placer au Petit-Palais, dans
la salle des portraits de femmes, le portrait
de Mme Ehrler, par M. Bonnat, et celui de
Mlle Ehrler, pastel de Riesener. Cette peinture
et ce pastel proviennent de la collection de Mmc
Soyer, qui en a fait don à la Ville de Paris.

*** Chronique du vandalisme :

Le propriétaire de la jolie maison du xviii0
siècle située à l'angle du boulevard des Ca-
pucines et de la rue Caumartin, dernier ves-
tige, avec le pavillon de Hanovre, des boule-
vards du xvni0 siècle, vient de faire marteler
les sculptures délicates en demi-relief qui
ornaient la rotonde à la hauteur du premier
étage.

**# On a commencé la semaine dernière la
démolition des serres du Cours-la-Reine.

*** Sous les auspices de la Société '< Les
Amis de Carrière », M. Léon Maillard fora
lundi prochain 14 décembre, à 10 h. du ma-
tin, au musée du Luxembourg, une confé-
rence sur L'Art de Rodin.

*** A côté de la Société des Amis de la forêt
de Fontainebleau, qui s'est constituée l'année
dernière, vient de se former la Société des
Amis du Palais de Fontainebleau, qui s'est
donné pour mission spéciale de contribuer
aux restaurations et embellissements du pa-
lais et de ses dépendances, en mémo temps
que de reconstituer les collections et de les
enrienir. Elle organisera des conférences-
visites dans le but de faire connaître tout ce

(1) V. Gazette des Beaux-Arts, 1899, t. I, p. 8.

qui, sur Fontainebleau, peut instruire et inté-
resser le public.

En creusant dans une des chapelles de
la cathédrale de Rouen pour y établir le ca-
veau de Mgr Thomas, ancien archevêque de
Rouen, on a mis au jour deux lions en pierre
sculptés qui semblent se rattacher à la déco-
ration funéraire d'un tombeau et appartenir
à l'art du xve siècle.

**# Les directeurs de la galerie Miethke, à
Vienne, ont eu l'heureuse idée de fêter le cen-
tième anniversaire de la naissance de Dau-
mier en organisant une exposition de qua-
rante-trois de ses œuvres (dont beaucoup
proviennent de collections parisiennes) qui,
ouverte en novembre, durera jusqu'à la fin
de ce mois. On y admire, avec un beau por-
trait du maître âgé attribué à Corot, les ta-
bleaux Sancho Pança, Œdipe enfant délivré
par le berger, Le Drame, Le Meunier, son fils et
l'âne, Mère et enfant, l'aquarelle Au théâtre,etc.

**# La Société pour la protection des paysa-
ges suisses, qui a recueilli 70.000 signatures
d'opposition au chemin de fer du Cervin, a
protesté également contre la construction
d'une voie ferrée dans le val de Reuss, où
des ponts métalliques viendraient détruire l'as-
pîCtde sauvagerie du pont du Diable; enfin,
elle s'emploie à conserver surplace la curieuse
collection ethnographique de Saint-Moritz,
dite musée de l'Engadine, consacrée à la vie
des quatre derniers siècles.

-^*~o+<--

PETITES EXPOSITIONS

« La Comédie humaine » (Galerie Georges Petit). —
Art scolaire (Mairie du VI» arrondissement).
— Julien Leuordant (Galerie Devambez). —
M™ Madeleine Lemaire (Galerie Bornheim). —
E. Lequeux (Galerie d'Art décoratif). — Jean
Puy (Galerie Vollard). — Société internatio-
nale de peinture et' de sculpture (Galerie
Georges Petit).

L'Exposition de la « Comédie humaine » est orga-
nisée avec beaucoup de goût et d'ingéniosité par
M. Arsène Alexandre, qui en a choisi les éléments
avec un éclectisme avisé. Il n'y a là que de pe-
tites toiles, toutes soucieuses de l'effet comique
ou pittoresque. Un seul portrait,par M. Cappiello,
et qui représente M. Paul Adam. Ce portrait est,
la vie même, et il est peint avec une hardiesse
de touche et une sobriété de coloris tout à fait
heureuses..« Affichiste » éblouissant et caricatu-
riste spirituel, M. Cappiello est dorénavant aussi
un « vrai » portraitiste.

Le nombre des exposants m'oblige à résumer ici
une appréciation dans une note rapide. Je suivrai
l'ordre du catalogue. Bottini : rétrospective ; un
sentiment littéraire du plaisir parisien ; harmonies
sombres et précieuses. Jacques Brissaud : deux
frisps aux tons clairs et agréables. Pierre Bris-
saud : vignetles ironiques et gaies avec des
recherches charmantes do couleur et de composi-
tion. Eugène Cladel : mœurs champêtres. Georges
Delaw: poésie d'une subtile naïveté. André De-
vambez : peinture soigneuse. Charles Dufresne :
des pastels d'une délicatesse extrême. Abel Faivre:
loading ...