Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 16.1877

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GAZETTE DES BEAUX-ARTS.

oyseaux et de petits insectes, si artistement travaillez qu’il semble à
toute heure qu’on va les voir se détacher, de manière qu’on est dans
l’admiration. »

« La construction de cet ouvrage dura plusieurs années; car en 1481,
l’archevêque, Olivier de Pennart, faisant son testament, ordonna que la
quatrième partie de ses deptes actives fûtemploiéeà le continuer. Comme
ce prélat avait été le premier moteur de cette entreprise, on voulut en
instruire la postérité, afin de l’engager dans la reconnaissance qui lui
estait due. Pour ce sujet, on plaça ses armes qui sont d’argent à deux
cottices en bande de gueules, contre le pilier de séparation des deux
battants1. »

Il est bon d’ajouter quelques détails biographiques qui honorent la
vie de cet archevêque. Olivier était né dans Je Maine; il devint chanoine
de l’église d’Àix, chancelier de l’université de cette ville et coadjuteur
de Robert Damiani auquel il succéda. Sa vie épiscopale, de 1468 à 14 8/1,
ne fut qu’une série de bienfaits en faveur des beaux-arts; il avait consa-
cré la plus grande partie de ses revenus à orner et à réparer la mé-
tropole.

M. de Saint-Vincens, dont l’opinion sur tous sujets d’esthétique et
d’archéologie présente de solides bases, a laissé quelques réflexions sur
ces remarquables portes dans un Mémoire daté de juin 1790, petit
in-folio, page 12 : « Les historiens, dit-il, prétendent qu’elles étaient de
bois de cèdre; des connaisseurs assurent qu’elles sont de sapin. Le tra-
vail en est d’une grande délicatesse; il est à présumer que le sculpteur
a voulu représenter des personnages connus et que, sur le rouleau que
chacune de ces ligures tient à la main, étaient écrits leurs noms que le
temps a effacés. Les habits des hommes et des femmes sont tels qu’on
les portait sous Charles 711, Louis XI et Charles VIII. Ces portes datent de
la fin du xve siècle, si on en juge par des délibérations capitulaires. »

M. Porte (Aix ancien et moderne, 1833, 2e édition, page 154) n’ap-
prend rien de plus, et M. l’abbé Maurin (Notice de l’église métropoli-
taine, 1839, page 14) ajoute quelques nouveautés de peu d’importance;
celui-ci constate que les portes terminées en 1504 sont définitivement

1. Un manuscrit de la bibliothèque, intitulé Analyse des Délibérations du Cha-
pitre et des pièces et actes les plus importants servant à l’histoire de l’église d’Aix,
2 vol. in-folio. (T. I, pages 3 et 4), rapporte : « 13a maii -1472, ordinatio super taxa
facta et solvenda per dom. archiep. capitulum, dignitates et canonicos h. ecclesiæ,
pro fabiicâ et constructione portalis et magnæ portæ Sancti-Salvatoris. »

Les fidèles faisaient des legs pour le môme objet en 1504 : — « Ordinatum quod
fieret exemplar seu pourtrait magnarum portarum ecclesiæ. »
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