Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 16.1877

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LES DESSINS D’ALBERT DURER1

(deuxième article)

III.

Quelques mois après son retour à Nurem-
berg, Dürer se marie comme il nous le raconte
lui-même dans sa chronique de famille :
« Quand je fus rentré, Hans Frey traita avec
mon père et me donna sa fille Agnès ;
il me donna avec elle deux cents flo-
rins et fit le mariage qui eut lieu le
lZi juillet dans la 1A9he année. » C’est
sans nul doute vers les premiers
temps de cette union qu’il faut placer
un croquis avec cette courte et aflfec
tueuse inscription : « Mon Agnès » ( Alber■
tine). La jeune femme vient de s’endormir
accoudée sur une table; elle est vêtue de la
robe quotidienne avec le tablier de la ménagère. Le tout n’est que som-
mairement indiqué par quelques traits de plume, et l’intérêt du croquis
est surtout dans les deux mots qui l’accompagnent. De la même époque
est une série de dessins intéressants au point de vue du costume. Sans
égaler les magnifiques études de Iians Holbein le jeune, conservées au
musée de Bâle, les esquisses à la plume, coloriées à l’aquarelle, dont nous
allons parler, ont un double intérêt : elles témoignent d’une rare habileté
de main et reproduisent pour la postérité les modes nurembergeoisés
du temps. Dürer conservera toujours ce goût pour le costume; dans ses

\. Voir Gazette des Beaux-Arts, 2e période, t. XV, p. 598.
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