Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 16.1877

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SALON DE 1877

NOTES SUR L’ARCHITECTURE

l est de toute justice, avant d’étudier les travaux d’ar-
chitecture, de reconnaître le courage des architectes et
la persévérance de ceux qui exposent leurs œuvres dans
les conditions inégales qui leur sont faites.

L’intérêt qu’on témoigne aux œuvres d’art ou, tout
au moins, la curiosité dont elles sont l’objet, se con-
centre sur la peinture et la sculpture, et l’enthousiasme
qu’elles excitent souvent accentue l’indifférence avec
laquelle est traitée l’architecture que ce redoutable
voisinage laisse dans le plus complet isolement.

L’architecture ne compte pas pour les critiques
d’art ou les « Salonniers. » Elle ligure bien dans le cata-
logue, mais c’est tout à fait exceptionnellement qu’ils
la mentionnent, et lui consacrent quelques lignes con-
statant son existence et sa présence au Salon. Toute leur
attention est absorbée par la peinture et la sculpture. 11 est
si facile d’ailleurs, sinon de comprendre justement ces deux
expressions de l’art, du moins d’éprouver à leur vue une
sensation plus ou moins vive, dont la traduction n’est plus
qu’une question littéraire, bien ou mal résolue suivant le
talent de l’écrivain. Il n’en peut être de même pour l’ar-
chitecture qui exige, — non-seulement pour être appréciée
et jugée, mais simplement regardée et comprise, — un examen
sérieux et une étude attentive dont se croient, ou semblent
être dispensés les amateurs de Beaux-Arts ou les critiques, pour
la plupart expéditifs, des journaux quotidiens.
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