Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 16.1877

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LES GRAVEURS

ET

MARCHANDS IMAGIERS POPULAIRES

DES XVIe ET XVIIe SIÈCLES

I.

usqu’au commencement du xvie siècle
une certaine raillerie inconsciente et
confuse avait enveloppé de telle sorte
les manifestations satiriques populaires
qu’elles laissent encore des doutes sur
les mobiles qui faisaient agir les artistes :
un vague symbolisme, dans lequel il
entre le plus souvent presque autant
de croyance que de scepticisme, se
mêle aux représentations sur pierre,
sur verre, sur bois, des démons gri-
maçants appelés à châtier les vices.

L’invention de Gutenberg changea cet état de choses. L’imprimerie
ne laissa plus de place à l’indéterminé; toutes sortes d’aspirations, de
rancunes, qui étaient dans les langes, rompirent leur lisière. L’impri-
merie fut une lumière; parfois la lumière devint torche. Qui sait si la
Réforme eût pu se manifester, réussir dans sa propagande, sans les carac-
tères en relief qui changèrent la face du monde?

Cette écriture gravée répandit la science ; elle détruisit également
plus d’une croyance. De nouvelles couches bénéficièrent de l’instruction,
et pourtant ce qui avait été jusqu’alors respecté des érudits, l’antiquité,
ne put échapper au courant nouveau et par là perdit de sa grandeur.

Religieux et laïques formaient alors une phalange respectable de
redresseurs de textes et de commentateurs des œuvres grecques et
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