Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 16.1877

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DAVID D’ANGERS.

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André Étienne n’est encore qu’un adolescent, mais la traduction plas-
tique d’un jeune corps dont les lignes variables dérouteraient un œil
moins exercé, n’est pas une difficulté pour David. La Jeune Grecque a été
son premier triomphe dans cette voie : cette figure est nue; le maître
accroît le problème en précisant les contours de l’éphèbe sous notre cos-
tume militaire. La figure d’André Étienne est comme un rayon lumineux
au milieu des mâles profils qui la dominent.

Le programme prescrit au statuaire par l’opinion, mis hors de cause,
David n’a-t-il pas satisfait dans le Fronton à la loi du mouvement, au
caractère de grandeur et de convenance qni régissent la sculpture monu-
mentale? Novateur par le style, mais sans réalisme, le statuaire est
resté le penseur et l’homme d’éducation que la France avait applaudi
devant les sculptures de la porte d’Aix, à Marseille, et les hauts-reliefs de
la Douane, à Rouen, deux œuvres de grand style qui permettent de
ranger David parmi les maîtres de la sculpture monumentale en ce
siècle.

HENRY JOUIN.
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