Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 16.1877

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GAZETTE DES BEAUX-ARTS.

malheureusement fatigué, d’un mouvement remarquable, esquisse d’une
composition importante représentant la Trinité. Le second est simple-
ment admirable. C’est une tête de femme à demi voilée, au crayon noir
délicatement estompé d’un frottis de crayon rouge, que son sourire,
étrange et mystérieusement enveloppé, rapproche des types androgynes
de Léonard. Le travail du crayon, très-fondu et très-cherché, se peut à
peine saisir : c’est la nature même, vivante et mobile, fixée sur une fra-
gile feuille de papier blanc. Ce rare dessin est au nombre des plus heu-
reuses trouvailles de Wicar.

Je noterai encore dans l’école de Sienne deux curieux dessins, à la
plume et au lavis, de Beccafumi, — le second, Saint Marc VEvangé-
liste f sur papier demi-teinté, en médaillon et piqué, a été certainement
fait pour le pavé de la cathédrale de Sienne — ; deux dessins, à la plume
et lavés au bistre, dont une grande Apothéose cle sainte Catherine de
Sienne, par Francesco Yanni ; enfin deux figures à la plume de martyrs
à genoux, dessins qui paraissent provenir du livre de Vasari et que le
catalogue attribue à Bartolommeo Biccio, de Sienne. Mais quittons ces
minores de la décadence et hâtons le pas; voici venir dans sa splendeur
l’École florentine.

École florentine. — Les dessins de maîtres florentins réunis par
Wicar sont assez beaux et assez nombreux pour que je sois obligé de
les classer par époques : d’abord ceux qui sont du xve ou antérieurs,
puis ceux du xvie, ceux enfin des xvne et xvme siècles.

Première époque.

Si l’on s’en tenait à une ancienne mais absurde attribution de Wicar,
il faudrait signaler, chose merveilleuse, sept miniatures du grand
Giotto. Ce ne sont que des miniatures byzantines sur fond d’or, sept
figures d’apôtres, bien drapées et d’un style énergique, coupées dans un
manuscrit des alentours du xne siècle. L’attribution à Jean de Fiesole
d’un mauvais dessin allemand, n° 222, à la mine d’argent sur papier
préparé, est aussi invraisemblable. Il convient de dire que M. Benvi-
gnat1 a déjà fait justice de ces prétentions exorbitantes dans les inscrip-
tions placées sur les cadres eux-mêmes.

t. Depuis la publication du précédent article la mort a enlevé brusquement M. Ben-
vignat à la ville de Lille. L’honorable conservateur du musée Wicar est décédé au
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