Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 16.1877

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GAZETTE DES BEAUX-ARTS.

que l’auteur devait réserver une grande place aux deux autres sections de son pro-
gramme, les sciences et les lettres. Mais, encore une fois, c’est le propre de cet écri-
vain de savoir condenser en quelques pages la matière de plusieurs volumes, et de
l’éclairer de lueurs vives par l’habileté de la narration.

Pour illustrer un ouvrage de cette nature, les éditeurs et aussi les habiles collabo-
rateurs de l’écrivain, MM. Magimel et A. Racinet, n’avaient que l’embarras du choix :
leurs lecteurs apprécieront le goût et le discernement dont ils ont fait preuve dans
cette tâche délicate; ils leur sauront gré également de la largesse avec laquelle ils ont
prodigué l’image, cet indispensable commentaire d’un livre qui traite du xvme siècle.
Ce second volume comporte, à lui seul, 4 5 chromolithographies et 250 gravures sur
bois éx°cutées sous la direction de M. Huyot. l’excellent graveur. Quant à l’impression,
elle est ce que l’on pouvait attendre d’une maison qui porte le nom des Didot.

Nous signalerons cependant une lacune, ou plutôt un désideratum, dans cet
ouvragé, comme, du reste, dans toutes les éditions de luxe de la même librairie.
Pourquoi MM. Firmin-Didot ne font-ils jamais usage de l’eau-forte? Dans la plupart
des cas, elle remplacerait avantageusement la lithochromie si l’on se place au point de
vue de l’art, et, comme elle coûte beaucoup moins cher, les éditeurs pourraient
résoudre plus complètement encore le problème qu’ils poursuivent avec tant de succès
déjà du bon marché dans la librairie richement illustrée. Cette observation, nous
l’avons déjà faite, mais nous sommes encouragé à la répéter par l’assentiment de
plusieurs bibliophiles de notre connaissance.

11 y a cinquante ans, comme le disent fort bien MM. Didot dans leur Catalogue, les
Bibles à images étaient aussi répandues qu’elles sont rares aujourd’hui. C’était le livre
des familles, et souvent le premier livre de l’enfance : le scepticisme a-t-il tellement
envahi le foyer domestique qu’il n’en puisse être de même aujourd’hui? Nous ne le
croyons pas, surtout après avoir constaté qu’il était possible de faire de la Bible un
livre plus attrayant que ceux d’autrefois et à meilleur compte. On connaît le grand
album de Schnorr; on le connaît au moins de réputation, car il est difficile de le trouver
aujourd’hui- Certes il n’y avait pas un grand intérêt à ressusciter cette collection de
deux cent cinquante gravures sur acier; quel que soit leur mérite, il ne justifierait pas
une entreprise aussi dispendieuse. Mais les progrès de la science moderne ont permis
d’atteindre le même but en tournant la difficulté. L’héliogravure était là, ce bienveillant
et fidèle collaborateur, dont on a dit tant de mal et qui rend de si grands services.
Grâce à elle, il a été possible de réduire à des proportions plus modestes les planches
de Schnorr, de les convertir en clichés typographiques et de leur imposer le contact
immédiat du texte auquel elles peuyent servir de commentaire. Loin de perdre au
change, l’œuvre de Schnorr y a gagné. La réduction fait disparaître les imperfections
d’un burin un peu froid, comble les vides et colore l’image. La composition et le
dessin, qui sont surtout recommandables; subsistent sans altération . Schnorr ne pour-
rait donc qu’applaudir à cette transformation de son œuvre.

Pour accompagner les planches, MM. Didot pouvaient imprimer simplement le
texte de la Bible : ils n’ont eu garde de le faire, et bien leur en a pris; car le but
eût été manqué. Ce texte n’a pas été rédigé précisément ad us uni juventutis : ses
obscurités déconcerteraient les jeunes lecteurs, et ses licences feraient pis encore.
MM. Didot ont confié à M. l’abbé Salmon le soin d’en présenter la substance sous une
forme plus aimable, et châtiée comme elle doit l’être. « L’auteur — c’est lui-même
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