Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 17.1878

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LA PERSPECTIVE

DANS LES BEAUX-ARTS DE L'ANTIQUITÉ

n distingue deux sortes de perspec-
tives : la perspective spéculative et la
perspective pratique. La première
comprend la théorie optique; la se-
conde, Fart de représenter les objets
tels que l'œil les aperçoit échelonnés
à distance. Les sous-divisions sont
la perspective linéaire et la perspec-
tive aérienne, selon qu'elles traitent
la forme seule ou la forme et la cou-
leur.

Les artistes excellent aujourd'hui dans l'art si rigoureux de la
perspective; mais les anciens en avaient-ils une connaissance appro-
fondie? G'est là une question fort controversée, que nous allons tâcher
d'élucider.

Aux xvif et xvine siècles, plusieurs savants remarquables essayèrent
de prouver, non sans succès, que toutes les branches de l'art étaient
connues des anciens, et que la perspective, en particulier, avait été par
eux portée à son plus haut degré.

Quoique les partisans de l'antiquité fussent nombreux, il se trouva
pourtant des détracteurs sévères, qui poussèrent la témérité, — car c'en
était une alors, — jusqu'à refuser aux anciens la connaissance de la
perspective que, selon eux, une admiration aveugle leur attribuait.

A cet effet, de part et d'autre il n'y eut pas d'auteurs que l'on n'invo-
quât, de textes que l'on ne citât, d'opinions plus ou moins exagérées
qu'on ne soutînt. Malgré tant de savantes dissertations, la question
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