Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 17.1878

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TRAVAUX

LES DERNIERS

DE PEINTURE DÉCORATIVE

A PARIS

(premier article.)

voir l'afïluence des visiteurs qui se
pressent tous les ans au Salon de pein-
ture, l'on pourrait croire que les beaux-
arts sont devenus l'objet d'un goût géné-
ral, sinon d'une passion universelle. Je
n'ai pas l'intention de détruire cette
croyance ou cette illusion, mais je soup-
çonne une curiosité frivole d'être la prin-
cipale cause de cet empressement que
met le public à visiter les salles des
Expositions annuelles. Dans la distraction
que l'on recherche, l'Art proprement dit joue un rôle bien restreint; ce
qui intéresse, c'est la représentation de ces drames tourmentés ou de
ces anecdotes finement décrites, dont, on trouve l'explication dans le
livret. Quel plaisir de regarder ces silhouettes vives et amusantes, ces
types étudiés avec esprit et rendus avec verve, ces scènes intimes
racontées par un pinceau spirituel ! Joignez à cela la variété des cos-
tumes, l'éclat des couleurs, la diversité des sujets; et vous me permet-
trez de dire que bien des personnes vont voir les tableaux exposés,
comme les enfants regardent les images.

Si cette assertion n'est pas exacte, je demanderai alors la cause véri-
table de cette indifférence, dont la peinture décorative est la victime aujour-
d'hui. Se presse-t-on dans un monument où des travaux de décoration
viennent d'être terminés? Parle-t-on de l'œuvre nouvelle autre part que
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