Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 17.1878

Page: 414
DOI issue: DOI article: DOI Page: Citation link: 
https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/gba1878_1/0446
License: Free access  - all rights reserved Use / Order
0.5
1 cm
facsimile
UN

DOSSIER DE CATALOGUES INÉDITS

i nous parlions un peu de nos an-
ciennes collections provinciales.
On ne s'en occupe guère aujour-
d'hui ; les écrivains qui traitent
de la curiosité, éblouis par l'é-
clat des grandes collections pari-
siennes au xvni/' siècle, par leurs
brillants catalogues et leurs ventes
fameuses, ne songent pas à re-
garder ailleurs et laissent dans
l'ombre les étoiles secondaires.
Cette indifférence n'est pas mé-
ritée; à supposer que la province
se soit effacée au dernier siècle, ce qu'il faudrait démontrer, son rôle est
considérable au xvne, quand nos grandes villes ont une allure plus per-
sonnelle et tiennent tête à la capitale. Est-ce à dire que Paris ait perdu
le premier rang? Non sans doute; les noms de Jabach et de Mazarin, de
Marolles et de Colbert défient toute concurrence. Mais la province les
suit de près et fait encore bonne contenance avec les antiques du château
de Richelieu, les splendeurs de Vaux et les trésors de nos bibliothèques
conventuelles.

D'ailleurs la province a d'autres titres à faire valoir. Depuis le com-
mencement du siècle, la fièvre delà curiosité avait tout envahi; du
nord au midi, de l'est à l'ouest, depuis Abbeville jusqu'à Marseille,
depuis Saint-Brieuc jusqu'à Grenoble, on collectionnait à qui mieux
mieux. Une armée de chercheurs s'était formée lentement, sans tapage,
laissant aux grands seigneurs le luxe des galeries princières et s'accom-
modant des miettes de la curiosité. « C'étaient, — dit un petit livre que
nous avons de bonnes raisons pour ne pas oublier, si le lecteur ne s'en
loading ...