Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 17.1878

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M USÉE D'AU G S B 0 U R G 1

(deuxième et dernier article)

a ville des Fugger, au temps glorieux
de son histoire, eut d'étroites relations
commerciales avec l'Italie et particuliè-
rement avec Venise. Amoureux de
l'idéal qui les charme et les tient cap-
tifs, les artistes de race différente ont
parfois un peu de peine à s'entendre;
mais le chiffre est la clef du langage
universel et les banquiers d'Augsbourg
comprirent de bonne heure la musique
persuasive que font les sequins en s'en-
tassant sur les ducats. Ce monde de négociants et de changeurs aimait
d'ailleurs les peintres et les peintures. Nous comptions donc trouver au
musée un certain nombre de tableaux italiens : il y en a en effet une
assez ample collection, mais de qualité secondaire. Sauf deux ou trois
exceptions, ce sont des œuvres delà décadence, des peintures ambitieu-
sement sentimentales qui auraient ému le président de Brosses, et que
nous ne regardons plus.

Voici cependant une rareté de premier choix, une curiosité vérita-
blement instructive : c'est un tableau de Jacopo de Barbarj, a le Maître
au caducée ».

Nous avons tous un peu l'air, à la Gazelle des Beaux-Arts, de vou-
loir élever un monument à ce Vénitien expatrié, à ce primitif qui, après
avoir traversé l'Allemagne, alla vivre et mourir en Flandre à la cour de
Marguerite d'Autriche. Il nous a sans doute séduit par son mystère et

'I. Gazelle des Beaux-Arls, période, t. XVI, p. 489.
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