Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 17.1878

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GAZETTE DES BEAUX-ARTS.

tout brillant de fraîcheur et de jeunesse, avec les restes de l'art ancien
qui dit son dernier mot avant de s'éteindre. Cette alliance un peu hy-
bride ne gêne point le maître : les branchages gothiques encadrent na-
turellement et sans disparate les créations d'un style plus moderne,
et l'harmonie dans le contraste donne une saveur toute particulière à
une œuvre composite. Quelque spontanée que soit cette manifestation
unique du génie de Durer, elle trahit certains souvenirs de compositions
antérieures : ainsi on y revoit, non sans quelques changements néces-
saires, les oiseaux du lac Stymphale de 1500, la figure de saint Georges
(B, 53), les deux anges du Samson de 1510, enfonçant dans un socle
une colonne qu'ils soutiennent de leurs petits bras, la Trinité de 1511, le
Char triomphal de Maximilien^ enfin le Chameau du British Muséum.

Il semblerait que ces travaux officiels eussent dû assurer à Durer
une situation pécuniaire absolument indépendante, mais toutes les pro-
messes de l'empereur Maximilien ne furent pas très-fidèlement tenues,
et, après la mort de celui-ci, notre maître va en réclamer l'exécution
totale auprès de Charles-Quint, qui se trouvait alors dans les Flandres.
Ce fut une des causes principales du voyage dans les Pays-Bas où un
si brillant accueil attendait le grand citoyen de Nuremberg.

CHARLES ÉPHRUSSI.

(La suite prochainement.)
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