Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 3. Per. 19.1898

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GAZETTE DES BEAUX-ARTS

des tableaux signés de la plupart des grands noms de l'école française : Dela-
croix, Decamps, Corot, Meissonier, Dupré, Millet, un admirable Troyon, Vaches
à l’abreuvoir. En tête des Belges, Alfred Stevens, avec une composition capitale :
Le Modèle, la dame en salin jaune. Un superbe portrait de femme de Goya sera
très disputé.

A signaler, dans les Annales de l’Académie d'archéologie, un travail impor-
tant de M. Napoléon de Pauw sur Les Trois Téniers et leurs homonymes. Puisées à
des sources authentiques et encore inédites, ces notes rectifient quelques erreurs
et nous apportent des informations précieuses sur cette lignée de peintres, pour-
suivant dans l’espace d'un siècle le même genre, et dont les créations se chiffrent
à plusieurs centaines.

Il se trouve que David Téniers, quatrième du nom, n'était point peintre, mais
s’adonnait au négoce, ce qui l’amena, en 1704, à passer en Portugal, où il
mourut. Une lettre écrite de Paris à ses proches par ce dernier Téniers nous
apporte un renseignement curieux. Le jeune voyageur est admis à visiter le
château de Versailles, qui le transporte d’admiration. Il aperçoit Louis XIV,
et, parlant du roi, « robuste et fait pour vivre bien des années encore », ajoute :
« C’est ce même monarque qui a fait enlever de son palais tous les tableaux du
grand-père, lesquels ne lui plaisaient point, et que l’on peut, par suite de cette
disgrâce, acquérir à vil prix. » Voici donc, confirmé par le petit-fils de Téniers
lui-même, le sentiment prêté à Louis XIV, touchant les « magots ».

On a vu dernièrement, au Cercle artistique et littéraire de Bruxelles, une
partie des études et esquisses formant l’atelier du paysagiste Roelofs, décédé
en 1897.

Hollandais de naissance, d’éducation et plus encore de tempérament,
Roelofs avait passé une grande partie de sa carrière d’artiste en Belgique. C’était
un précurseur. Maître de Mesdag, le fameux peintre de marine, il avait été des
premiers, sinon le tout premier, à lever l’étendard de la révolte contre le sys-
tème du paysage en chambre. Ses œuvres, d’abord exposées à Bruxelles, au
Salon de 1846, firent sensation et conquirent à leur auteur des Litres nombreux
à l’attention du public. Fixé en Hollande depuis peu d’années, Roelofs y fuL,
à l’occasion de son soixante-dixième anniversaire, l’objet d’une manifestation
particulièrement flatteuse, à laquelle participèrent les artistes belges, presque
aussi nombreux que les Hollandais. Le portrait du vieux maître, peint à la suite
d’une souscription par M. Israëls, fut placé au Musée municipal de La Haye.
Roelofs mourut à Anvers, au cours d’un voyage qu’il faisait en Belgique.

On a été surpris et charmé de ce coup d’œil rétrospectif sur la vie du sin-
cère artiste, et le succès de l’exposition a trouvé sa confirmation éclatante dans
le prix considérable obtenu à la vente de ses esquisses, opérée à La Haye par
les soins de la maison Goupil. Le prix global de ces diverses peintures a presque
atteint 128.000 francs.

HENRI II Y M A N S

L’Administratcur-gérant : J. ROUAM.

PARIS. — IMPRIMERIE GEORGES PETIT, 12, RUE GODOT-DE-.MAUROI.
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