Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 3. Per. 19.1898

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LES SALONS DE 1898

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la Société des Artistes français, un chiffre d’environ un quart d'étran-
gers el à la Société Nationale du tiers à peu près des exposants. Nous
avons vu qu’il n’y a point à regretter celte apparente invasion, qui
prouve que l'on vient prendre notre enseignement et réclamer notre
consécration. C’est une preuve évidente de l’imporlance artistique
de notre école ; c’est également une constatation rassurante au point
de vue pratique, qui faisait désirer le maintien des Salons sans solu-
tion de continuité. Les régions les plus largement représentées sont
l’Amérique et l’Angleterre (signe curieux des temps, car la Grande-
Bretagne s’était toujours tenue assez à l’écart des influences du
continent), puis la Belgique, à demi-française, dont l’art a subi
toutes les vicissitudes de notre histoire, puis l'Autriche, l'Allemagne,
la Hollande, et enfin l’Espagne, qui arriverait même la cinquième
dans cette énumération. C’est là un fait très instructif, car cette
jeune école semble depuis deux ou trois ans retrouver une force
vitale nouvelle au contact avec la nôtre. Ajoutons enfin, sans vouloir
conclure d’une façon qu’on ne trouverait pas suffisamment galante,
que le nombre des exposantes s’élève au cinquième du chiffre total.
Nous n'avons pas recherché la proportion qui existe parmi elles entre
les célibataires et les femmes mariées. Il y a peut-être là encore
matière à un enseignement que les partisans du féminisme dans l’art
arriveront sûrement à dégager.

(La suite prochainement.)

LEONCE BENEDITE
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