Kircher, Athanasius ; Alquié, François Savinien d' [Transl.]
La Chine d'Athanase Kirchere: illustrée de plusieurs monuments tant sacrés que profanes, et de quantité de recherchés de la nature & de l'art — Amsterdam, 1670

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La Chine III

u s t r e e

Du Qhemin que le T. Amatus
Chesaud , François de nation, Supé-
rieur de l'habitation d'Hispami sefsaya
de faire, pour apprendre quelefloit le plus
facile de tous ceux qu'on pouvait tenir
pour aller à la Chine parVsbcc; ainfi
que le tefmoignent les lettres efcrittes en
langue Verfiene, données au P. Athanafe
Kirchere , pour les mettre en Latin com-
me il a fait, © dont Voicy la /lanisication
mot à mot en nofire langue.
Lechc- Je ne Vous efcris pas ces letres d'Hispa-
i\jmat. Wmi : car il y a presqu'un an qu'eslant parti
François ^e Haire Sfahanum. Je fuis encore en che-
min pour aller decofl'e de Balech, qui efl la
Ville Royale d'Usbech ; asin d'apprendre fi
l'on pourroit facilement pasfer par ce Royau-
me } & par celuy de Turkestan pour aller
en Catao, & de là dam la Chine. Je Vous
diray pourtant, qu'eslant arrivé à Usbek,
Kfsalbax qui efl aux confins de Kesàlbax , je trou-
Vay que ce chemin eïloit très périlleux É£ fort
difficile y c'efipourquoy eslant arrivé à la Ville
d'Ariati, qu'on appeUoit autrefois Sican-
dria, j'y fis quelque mois de fejour, pen-
dant lequel je Vis proche de ce lieu une célè-
bre UmVerfuê, ou Académie que les enciens
Battra appeîloient Baâxa, laquelle sût baslie par
3v5«"C ^or^re du fil* du grand Taberlam. Elle
s'en Va tous les jours en ruine faute d'en a-
Voir foin •> de me fine que tous les autres beaux
edisfices qui furent baflis dans le temps que
cette Ville Royale eîîoit fom la puifsance des
Usbequiens. Je partis de ce lieu pour Ve-
nir à la Ville de Maxad, qu'ils appellent
Sainte, où il y a une grande Moquée,
toute éclatante d'or & d'argent, dans la-
quelle je demeuray deux mois dissutantpres-
que incefsamment avec les Dotleurs (qui y
font en grand nombre) touchant les maxi-
nus de leur loy, £s> je trouVay que ces per-
fonnes (quoiqu'elles louafsent beaucoup la Re-
tiglon quelles aVoieut embrassée,) ne laissoient

pas pourtant de croire qu'il ne falloit point
en avoir d'autre que celle de leur Souve-
rain ; le temps de leur conVerfion n'efl pas
encore Venu / Eflant donc parti de ce lieu,
je m'en Vins à Nixapar, é> à Sabazuar, £y£,f
qui font de Villes appartenantes à Choro- ville,
sam : delà je paffay par les Villes de Se- Maxd'
tàm,de Dangan, &de Jamnam, &me
Vins rendre à Kaxanum, qui efl dans la
Province d'Arcand, à 30. lieue's deFar-
sang, ® de Sfahamo de Parangis. Vous
siaurés en pafjant, que tout le pais qui esl
entre ces Villes, rieH qu'un defert slerille.
Enfin je revins à la Ville de Sfahamo, o«
je fais m'a refidence pour ferVir Voïlre Ré-
vérence. Je fuis en peine de fçaVoir fipen*
dant ce temps, elle n'a point mis quelqu ou-
vrage en lumière -, je me perfùade pourtant,
qu'elle en a mis quelqu'un au jour ; parce
que j'ejlime que ce feroit une grande perte,
qu'un fi bon arbre demeurât Jans porter du
fruit. V. R. fçaura que je nay point receu
d'autres livres , que ceux qu'elle ni envoya,
il y a desja quelques années, & que pen-
dant ce temps là j'ay compofé quelque trait-
té touchant les contrdVerfes de la loy en
particulier , aVec une reïponfe en <Perfien
que j'ay intitulée ad Politorem speculi,
lefquels je Voudrois faire imprimer à Rome,
s'il essoit possible ; dejorte qu'ayant fait re-
slexion qu 'il n'y aVoit perfonne dans cette
Ville, qui fut plus capable de me rendre
ce ferVtce que V. R. j'ay pris la liberté de
la prier, de m'eferire s'il y a esperance de
pouvoir faire mettre fous la presfe cette for*
te de livres. Je crains qu'il ne fe trouve
perfonne qui en Veuille faire la despenfê j
néanmoins je ne defire pas autre avanta-
ge de cet œuVre que ce que les fuperieurs en
ordonneront. • Enfin cesl la demande que
Vous fait le plus humble de tous Vos fervi-
teurs ) qui fupplie V. R. de garder cette
letre pour fe reJJouVemr de moy dans ces
faints Sacrisices, donnée proche de Xoxan,
environ laseflede S. François Xavier.

Chap.
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