Kircher, Athanasius ; Alquié, François Savinien d' [Transl.]
La Chine d'Athanase Kirchere: illustrée de plusieurs monuments tant sacrés que profanes, et de quantité de recherchés de la nature & de l'art — Amsterdam, 1670

Page: 72
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La Chine Illustr

e e

8c detestable Mahomet avançoit sa dia-
bolique Religion) on envoya des Co-
lonies de Chrestiens dans ces parties de
l'Orient. Quoyqu'il en soit, il est vray
de dire, que les Prestres de Syrie 8c de
Babilone n'ont pas resté (après que la
persecution contre les fidelles a esté
moindre, & entièrement esteinte) de
recommencer à prescher TEvangil-
le , & de repeupler ce pais de nou-
veaux Chrestiens par leur prédication,
comme Y Insoription Syriaque nous là
fait voir clairement cy dessus, dans la-
Sc& <IueIIc û est dit que Jiàhu\aà Evesque
vicaire de Chinois est fils de Noë Présixe & natif
lstostT«r- de Balech, sélon ces parolles répétées
natif delà encore 1CY ^mo mMefimo nonagefimo fe-
Ville de cundo, &c. Jidbu^ad Sacerdos, & Epifco-
pi Vicarim cundam civitatis regiœ filim iSLo'é
facerdotis eft 'Belech ciVttate regni Turche-
stan , &c. Turchestan est la région que
les Per/ès appellent Usbec Terfe, qui est
le commencement de Catbaie. La situa-
tion de la Ville de Belech est dans la
mesme Province, sélon ce qu'en dit le
Géographe Arabe dans la 8. part, cli-
mat. 4. lig. 34, où il asîèure (parlant de
ïa Province particulière des Turchestan
Corasinien) que la Ville de Belech est
située assés prés de Samarcanda, où est
la Cour du grand Tamburlan, qui e-
stoit autrefois une grande Ville, comme
je remarque par ces parolles que s ay
traduites d* Arabe en Latin, 8c de
^ ta

Belech.

Latin en François ; EUe eft dans la 4.
partie du S. climat, elle occupe une portion
de la région Corafine, Ê> il ya de Karman
jufques à Kasaralkamat 15. mille de du
fiance, de là à Samarcande on y en conte 6.
& ceux qui viennent de Samarcande doivent
pafser par la Ville de Belech : en quoy
nous reconnoissbns evidamment que
Jidbu^ad Vicaire de rE^ejque Syrien d'Ori-
gine 9 estoit natif de Turcheftan ou Cor afin.
il est certain que plusieurs personnes
sont sorties des régions de Pagode, 8c
des autres Provinces de ï Afie pour ve-
nir prescher P Evangile dans la QUne
(si nous en croyons ï'inscription Syro-
Chinoisè, gravée sur la pierre & sur le
Monument que le curieux Lecteur
pourra voir /il luy plait.) C est asfés
longuement discouru des Colonies qui
sont sorties du Royaume du Œreftre Jean,
pour aller dans la Qhine.
Enfin je m'en va montrer comme
quoy ceux la disènt vray qui croyent
que les premiers hommes Apostoliques
qui sont venus dans l'Inde, sont de Syrie,
d'Egipte, 8c de l'Ethiopie : 8c que leurs
sèntimens sont très justes, quand ils fe
persùadent que c'est a la faveur du com-
merce qui sseurisibit pour lors entre
les Indiens & les Chinois , qis ils ont
envoyé des colonies, & qu'ils se sont in-
troduits dans ce pais pour y prescher
la Foy de Jesus Christ, comme je mon-
treray evidamment ensuitte.

C h a p. IL
De la'propdgdtion de l'Evangilefaite dans toutes les logions de lAfie
Orientalle par S. Thomas ïApoftre & fes Succesfeurs.


L est certain que ce destroit de
'pays qui est au delà des mon-
tagnes de l'Inde, 8c qui com-
mence dépuis le promontoire Comorin
Narfingam , 8c va jusques à Bengala, est
une des Provinces que le grand S. Tho-
mas Apostre a parcoureuës 8c a con-
verties à la Foy de Jesus Çhrist 5 & il est

consiant que ce grand pays, qui a eu l'a-
vantage de recevoir P Evangile de la
bouche de ce grand S. estsitué dans un
endroit qui a à costé la renommée
8c célèbre isle de Zeylan, dans laquelle
le mesme Apostre convertit un nom-
bre infiny d* ames à Jesus Christ, qui
portent encore aujourdhuy le nom de
Chre-
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