Kircher, Athanasius ; Alquié, François Savinien d' [Transl.]
La Chine d'Athanase Kirchere: illustrée de plusieurs monuments tant sacrés que profanes, et de quantité de recherchés de la nature & de l'art — Amsterdam, 1670

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La Chine Illustrée

compofis, il ejl pourtant Vray quelle ejlgrajje
& tranjf ayante & que leur nid efi dijpof e
d'une telle façon qu'on diroit qu'il y a plu-
fteurs cellules, 6? que ce Jont comme des
grandes coquilles, kfqueUes jemblent ejlre au
tachées à cette matière comme des feuilles le
pourroient ejlre à une motte de terre. Elles
font faites d'une teUe façon quelles font tou-
tes pleines de rides à l'exemple des coquil-
les , & le dedans ejl admirablemement bien
poli & imy. Leur couleur ejl Jemblable à
point de ce^e ^e ^ matière, ou bien eUe ejl la mejme
Festinqui que celle qui paroit dans le temps quelle fe
bon sans defjekhe. Onejlimecemets si délicat, qu'on
ces nids. mejprife toute forte de fejlins fé> de regale,
s'il ny a pas de ces nids, & le rejle nefl pas
eflime bon ,fi ce mourceau ny ejl pas. La fa-
çon avec laquelle on a accoujluméde les eut-
re ejl telle ; Il faut les mettre tremper dans

de l'eau chaude pendant une nuit ,jufquesà
ce qu'il fou parfaitttment bien ramoli j après
quoy on le met à l'ombre pour le faire feu
cher & pour le rendre propre à esïre mis en
ufage. Voua Jçaur'es que de luy mejme Un a
point de goût ; mais s'il arrive qu'une bon-
ne main l'afjaijonne a~\ ec des ejjicer 'tes, cejl
un mourceau tout à fait délicat, & qui irru
te fort l'appétit ; deforteque tant plm on en
mange, £ autant plm on a envie d'en manger,
au lieu que les autres rafjafent, & jonjajlu
dieux après en aVoir mangé beaucoup.
Nous avons desja parlé des aron-
delles, lesquelles s'engendrent des fe-
uilles des arbres qui tombent dans le
lac dont nous avons fait mention ; c'est
pourquoy, il reste maintenant à parler
icy des poisïbns qu'on trouve dans la
Chine.

C h a p. IX.
T>cs fdijjhns qui fe trouvent dans la mer, &• les fleuves de la Chine.

^•iBHBt^E m'en va racomter une
H Ps chose digne d'admiration, &
i|iJP< laquelle est tout à fait sur-
prenante. Il y a un animal dans la Pro-
vince de Quantung qu'on appelle ffoang-
cio Tu, c'est à dire poissbn jeaune, le-
quel sè change tantost en poissbn, &
tantost en oyseau ; en esté il devient
un oyfeau (dont le plumage est jeaune)
lequel vole par les montagnes pour y
chercher sa nourriture comme les au-
tres oysèaux : mais quand l'automne a
fini, il quitte ces lieux essevés pour re-
venir à la mer d'où il est sôrti, pour
s'y changer en poissbn, y châtier lere-
ste de l'hiver, & pour y servir bien
(buvant de proye aux gens du païs
qui le peschent pourlors avec grand
soin ; pareeque c'est un manger fort
délicat & d'un goût merveilleux. On
demande la raison d'une si estrange
metamorphosè ; à quoy je reiponds
(pressuposant ce principe comme véri-
table) que ce changement n'est pas con-

traire à la nature, & que ces metamor-
pholès sè peuvent faire, sélon les prin-
cipes naturels, comme nous envoyons
l'expérience tous les jours parmi les in-
sèc~tes, & dont nous avons donné la
raison dans le XII. Liv. du mondt fou'
jlerrain : car nous voyons souvant que
les chenilles sè changent en papillons,
& que les vers aquatiques devienent
des perles à quatre ailles, qui volent in-
cessàmment, je pourrais apporter icy
beaucoup d'autres exemples, si je ne
les avois pas cités dans le Monde Sou-
sterrain.
Quelqu'un dira sans doute, que cela
sè peut bien faire à 1 esgard des insectes:
mais qu'il n'en est pas de mesme des
parfaits animaux ; à quoy je responds,
que ces metamorphosès se font aussi
bien par raport aux parfaits ? & aux vé-
ritables animaux, qu'aux insèétes : car
de grâce ne voyons nous pas que lcs
canards d'Efcojjè ne viennent que àc
certains vers, lesquels prennent des ai-
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