Kircher, Athanasius ; Alquié, François Savinien d' [Transl.]
La Chine d'Athanase Kirchere: illustrée de plusieurs monuments tant sacrés que profanes, et de quantité de recherchés de la nature & de l'art — Amsterdam, 1670

Page: 263
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D'Athanase K i R C m è r è»

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sbient ce que des hommes gressiers jprésquoy on les introduisit là dedans 5
n'auroient seeu faire, & sembloient en ; & ce fut une chose inerveilleuse de voir
un mot ensèigneraux hommes par une que ces belles conserverent tousjours
metamorphosê admirable comment leur gravité ordinaire, s'asfoyant chai-
ils devroient sè comporter dans des cune à sa place, mengeant ce qui luy
telles rencontres. Vous pouvés juger \ agreoitle plus & qui revenoit le mieux:
combien esl-ce que le Roy pritdeplai- i à Ion goût. Tout cela a esté sait dans
sîr à un tel speâacle ; puisqu'il voulût {la ville Royalle d'Jgra en presence du

recompenser 1'adresîè de ces animaux
par un festin conforme à leur naturel,
donnant aux chevaux, aux linges, au
Molosîc ou Chien, ce quiconvenoità bestes, & avec combien deiprit ils in

P. Jtytb, que nous avons desja nom-
mé , en quoy vous pouvés voir com-
bien les Incitais sont adroits à dresïèr des

la condition de leur espece. Il fit donc
préparer pour cet effet une grande sa-
le, dont le plancher estoit couvert d'un
riche tapis, & où il avoit sait porter

struisent toute sorte d'animaux, sans en
excepter mesme les elephans. C'est assés
parlé d'une semblable matière, venons
maintenant à ce qui est des divers gen^

des mets délicats pour les nourrir : a- j res dbyleaux qu'on voit en ce pais.
chap. vnr.
T)e certaines ejpeces d^ojféaux qu'on ne voit feulement que dam
la Chine.


|N trouve de certains oy-
i séaux dans la Chine qu'on ne
• voit pas dans les autres Ro-
yaumes, du nombre desquelsjemetsen
premier lieu cet oyseau royal qu'ils ap-
pellent Fum Hoam. Le P. <Boim en par-
le de la sorte dans sa Flore. Il y a un
oyfeau d'une admirable beauté, lequel efi efli-
mé de tnauî>ajfe augure pour la famille *îlo-
yaUe , quand il arrive qu'il Je prefante de-
vant quelque homme. Le Majle s'appelle
Fam & la femelle Hoam. Ils font leurs
nids fur les montagnes de Tan S? de Lao-
tung qui font limitrophes de la (Province de
Pékin. Leur tesle refsemble à celle du
(Paon, le ^o 'ème Chinois les deferit de la
façon. Il dit que les Vertus font sigurées par
les essaules, la Jufiice par les ais.es, l'Obeïs
fonce parles rains, & la Fidélité parle refle
du corps. Enfin on dit que cefl un oyfeau
tres-St: il marche en avant comme un Rhi-
nocéros , 6? Va en arrière comme un cerf ; fa
qu'eue efi femblable à celle du coq, & Ja te-
fle ne diffère en rien du dragon, fes pieds
font de mefme que ceux d'une tortue , ($
/es aises font enrichies de 5. diVerfès cou*

leurs ; deforte qu'on diroit quil les à tirées
de ceux-là, pour s'en orner. Les Manda-
rins & le Roy mefme ont accuflumé de por*
ter la reprefentation de ces oy féaux en or fur
leurs habits pour marquer quelque chofe, &
pour leur fervir de Symbole. Pour moy, je
ne fais pas difficulté de dire que ces oy-
seaux ne sont autre chose qu'une espe-
ce de nos paons.
1. On voit un autre chose prodigî- Les poil-
gicuse dans le Royaume de Suchuen 5 jjyg,
c'est qu'il y a des poules qui portent de de la lame»
la laine, sctnblable à celle des brebis j
elles sont petites de corps, & ont les
pieds fort courts ; mais elles sont fort
hardies, & agréent beaucoup aux fem-
mes, sélon que la remarqué l'Atlas. On
demande maintenant s'il esi: vray que
ces poules portent de la véritable l'ai-
ne ou non, à quoy je responds, après a-
voir tout bien consideré, qu'on ne
doit pas dire que ce soitune laine sem«
blable à celle des animaux ou des bre-
bis j mais qu'on leur doit donner ce
nom improprement ; pareeque dans
la vérité ce n est qu'une certaine petite
plu*
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