Kircher, Athanasius ; Alquié, François Savinien d' [Transl.]
La Chine d'Athanase Kirchere: illustrée de plusieurs monuments tant sacrés que profanes, et de quantité de recherchés de la nature & de l'art — Amsterdam, 1670

Page: 286
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236 La Chine Illustrée
Politique & la Moralle ; voyla pourquoy il ny a prefquc pas un
de ces hommes qui ne foit attaché a devenir jç avant en ce point, &" qui
ne fi applique avec un foin &- un ejlude fi admirable , au on ne Jçauroit
le croire, se ne m'efionne pas s'ils ont tant d'inclination pour devenir
doÏÏes en cecy j puifque les perfonnes font d'autant plus e/limées quelles
font habiles en cette matière. Ils comprennent fous cette fcience l'Ethi-
que &- PO économique, tant par cequ elles font propres pour régler
les mœurs particulières, & domefiiques que par cequ elles fervent pour
ibcstu- tenir les E liât s les ^VLonarchies en paix. Four ce qui efl de la po-
dicntsur / . . . . I ,7 / L
poîitiqie ^Hue » ^on ne JÇatiroit croire combien ils font Joigneuxdc l appren-
dre , combien font admirables les loix quils font pour entretenir la
paix dans un fi grand &- fi vafte Empire, avec quelle adrejfc ils
feconduifent pour toutes les chofes 'qui concernent le bien public. La
police cfl fi grande 3 que ce Royaume efl parfaitement bien cultivé
■ en tout lieu 5 pareeque l'agriculture efl une des premières chofes qui
fait la félicité des peuples : C'efl pourquoy on prend un fi grand foin
pour cecy , quil n'y a pas un feul endroit inculte. On s'y addonne
fort au trafic &* à la marchandife > de forte que la plus part des ha-
bit ans s'occupent a cet exercijfe les uns negotians par terre, les au-
tres par eau y ce qui efl facile dans cet E fiât à caufe de la grande
quantité des canaux & des rivières qu'il y a. Le defir de favori-
fer le commerce efi fi grand parmy ces peuples 3 qu'ils mit fait bafiir
des ponts par tout (afin de faciliter les voyages) lesquels font d'u-
ne admirable flruHurè ; &- cette Station a porte' fon tele jufques là,
de faire des grands chemins plains &* unis dans les lieux rabou-
teux &• fur les montagnes les plus feabreufes > &* les plus maccefiibks,
ce qui a confié des threfors immenfes à faire faire. aAu refie par-
eeque les petites rivières pouvoient incommoder les voyageurs par
leurs def boy'déments &• leurs inondations, ils ont fait faire des ca-
naux admirables 5 comme nous dirons enfuitte quand l'occafion s'en
prefentera.
C h a p. I.
Des Fonts, &• des autres prodigieufes fabriques de
la Chine.

lOmme il n'y a rien de plus
1 propre pour Je commerce que
^les ponts, c'est aussi pour ce
sujet que l'Empire de la Chine, en est
si bien pourveu, & en a une si gran-


de quantité , qu'on peut dire sans
mentir , qu'il ne cède en cela à quel
Estat du monde que ce sbit. Le nom-
bre en est 11 grand, qu'on en conte
jusques à dix mille dans certaines villes
qu'il
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