Kircher, Athanasius ; Alquié, François Savinien d' [Transl.]
La Chine d'Athanase Kirchere: illustrée de plusieurs monuments tant sacrés que profanes, et de quantité de recherchés de la nature & de l'art — Amsterdam, 1670

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d'A t h a N a S E KlRCH^RE. 117

Chap. VI.
Le chemin que Marc Paul Vénitien 9 &• Haitone Arménien
ont tenu pour Venir à Cathaie ou dans la Chine.


Le che-
> con-
fus de
*W ve.
"'tien.

^ in

'"jet

Ommc il n'y a perlbnne de
tous les anciens autheurs qui
'ont parle des Royaumes de l'O-
rient , qui ait traitté si amplement de
ces matières, ny qui aye si parfaittement
donne la deseription de tous ces Estats,
& de ces Empires, que Marc Paul Vé-
nitien : Il m'a {èmblé a propos de met-
tre icy comme dans Ion lieu propre,
la route qu'il a marquée pour aller en
Cathaie. Quoyqu'il y ait beaucoup de
choies qui ont esté ignorées julques
à prêtent de tous les GeografFeo, tant à
cause de la diversité des noms, que
parce que les Royaumes , les Provin
ces, les Villes, les Montagnes, les Fleu-
ves, & les lacs, dont il parle, ibnt incon-
neux aux autres, & quoyquenfin, il
mette la situation de certaines Villes,qui
ne sont pas dans la geografie du temps:
Mais l'on peut dire à cela que cet Au-
theur n'a pas marqué les longitudes,
n'y les latitudes des Villes ; par cequ'il
jgnoroit la seience de 1'Esphere, la-
quelle est pourtant necesiaire à tous
ceux qui veulent faire la deseription
de leurs voyages, & marquer l'asîiete
des lieux qu'ils ont veus : jene m'arre-
ste pas à tout cela, mais je m'atache à
raconter son voyage, & la route qu'il a
tenue en le faisànt. Commençons donc.
En l'an 1269. lorsque Balduin re
gnoit à Constantinople, deux Illustres
citoyens de Venilè de l'honorable fa-
mille de Paulin, dont l'un s appelloit
Mathieu, & l'autre Nicolas, ayant char-
gé un navire de diversesMarchandises,
allèrent droit à Constantinople, où a-
prés avoir fait quelque sèjour pour re-
prendre de nouvelles forces, & paslànt
par le pontEuxin, ils s'en vindrenta.
border à un port d'Arménie qu'on ap-

pelle Soldadia, où les vents les conduisî-
rent heureusèment; de vous dire main-
tenant quel est ce port de Soldadia,
c'est ce que nous ne lçaurions faire.
Pour moy je croys que cesoit celuy là
de Trape^psïte ; puisque je ne fcay pas
que les Arméniens en ayent d'autre sur
la Mer Euxine ; & il n'est pas posslbîe
aussi de sçavoir quel est ce Royaume
de <Bart%œ dont il parle. Delà ils par-
tirent pour aller à la Ville de <Bocbaram, ^s^*"
qui est située sur le Fleuve Oxum dans sient 3 ans
le Royaume d'Uskk-, où ils arrivèrent ^nïÈT"
après avoir souffert beaucoup de pei- î^,ue^53
nés, & d'incommodités. Us nefeurent ils partent
pas si tost entrés dans la Ville, qu'ils ap- rAmbassk-
prindrent que le Roy de fèart^a estoit deur-
en guerre avec celuy des T art ares, ce
' qui les afssigea beaucoup, ne sâchant
j pas quel chemin ils dévoient prendre
pour s'en revenir dans leur pais ; c'est
pourquoy, ils se resolurent de demeurer
trois ans dans ce lieu, jusquesà ce que
la guerre seroit finie, cependant ils ta-
scherent d'apprendre parfaittement la
langue Tartarique pour profiter du
temps, & pour s'en lèrvir dans locca-
sion, comme il arriva : car ayant fait ren-
contre de l'Ambassàdeur nommé Us partent
charam , que le Roy Àllau envoioit à baSdeu?"
l'Empereur des Tartares, ils Juy agrée- inRoyc
rent li tort, que bien loin de leur saire vontvers
de mal, il les prit en affèclion & leur ci2n.nd
promit de les presènter au grand Cham
en qualité desesamis, s'ils vouloientle
suivre : des osfres si belles, & une occa-
sion de cette nature leur paruss si ad-
vantageuse, qu'ils l'acceptèrent très a-
greablement, & suivirent ce mesme
Ambassàdeur jusques à la Cour de LeGrand
l'Empereur, où il les prelènta au grand SSort
Cham, comme il leur avoit promis : ce jgj™-
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