Kircher, Athanasius ; Alquié, François Savinien d' [Transl.]
La Chine d'Athanase Kirchere: illustrée de plusieurs monuments tant sacrés que profanes, et de quantité de recherchés de la nature & de l'art — Amsterdam, 1670

Page: 313
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d'A t h a n a s E
que la clarté ; elle est composée de
deux autres caractères, sçavoir de I'I.

Le Soleil


KlRCHERE. 313
& du K. dont le premier signïfie la
Lune, & celuy-cy le Soleil, voulant
dire qu'il ny a point de lumière dans
le monde que celle qui vient de ces
deux beaux astres.
Enfin les Qhinois ont un nom-
bre infini de semblables caractères
composés de plusieurs autres qui
marquent avec beaucoup d'e/prit
les secretes lignifications des cho-

C h a p. V. & dernier.


Cllté qu'il
frendre
* langue
v«inoi(c.

Va Man-
drins.

'•es

Sdei
Nent
sriture

L me lèmble qu'après avoir
mis au jour tout ce que je
viens de désaire, touchant les
lettres, je ne dois pas finir ce livre sans
dire quelque chose digne de remar-
que touchant la langue chinoife ; puis-
que plusieurs perionnes se sont em-
presïees pour m'obliger à traitter cette
matière.
Comme la langue chinoife est toute
pleine d'équivoques, & qu'un soui
mot signisie quelque fois dix choies dif-
férentes , & que bien souvant meirne
elle en signifie plus de 20 par une
prononciation d'accents différents: c'est
pour cette raison qu elle est extraordi-
nairement difficille, & qu'on ne peut
jamais l'apprendre sans un grand estu-
de, une grande application, & une pei-
ne incroyable. La Mandarine est com-
mune par tout le Royaume, mais elle
est plus ordinaire dans la cour & par-
my le petit peuple ; les villes de Pékin 8c
de Nankin sont les deux principalles où
elleregneleplus; l'on peut dire que cel-
le-cy est, par rapport à la Chine,qu'est
hCaftillane à toute tEfyagne, 8chTof
cane à l'Italie; les caractères dont se fer-
ventlcsCbînois, les Jappmeii, les Coréens,
les Qoncbinchinois, & le Toncbinois sont
les mesmes , mais le langage est tres-
diffèrent ; c'est pourquoy les Nations
Jappon de Corée, de la Conchincbine de

Corée, & de Tonchin lifent & enten- chinoise,
dent fort-bien les livres qui sont faits panent
avec ces caractères : mais ils ne sçau- Ieur lan-
roient se faire entendre les uns aux au-
tres, quand ils parlent entre eux; de-
sorte que nous pouvons dire qu'il en
est: de melme de leurs lettres parmi
eux , comme de la chifre & de l'arith-
métique parmy nous & .dans l'Europe,
laquelle est entendue d'un chaseun j
quoyque les parolles dont on se sort
pour les expliquer soient différentes,
de mesme en est-il disje de leurs caractè-
res } qui leur marquent à tous la mefc
me choso, sans qu'ils puisiènt s'é-
noncer qu'en différents langages : ce-
la estant ainsi, je dis qu'il y a bien de
la différence de connoistre les cara-
ctères Chinois, & de parler la langue de
la Chine. Puisqu'il îè pourroit trouver
des hommes d'une si hureuse mémoire
lesquels pourraient, avec un grand e-
stude, parvenir à la connoissàncc de
tous les caractères chinois & à la le-
cture de leurs livres, ians qu'ils soeû£
sont neantmoins ny parler ny enten-
dre ceux qui parleraient cette lan-
gue 5 c'est pourquoy comme il est tout
a fait necessiire aux hommes Apo-
stoîiques deïçavoir cette langue, je?u'avoii;
* , r -i. lanouvel-
mettray îcy un ordre pour en racih- le Pqiy-

ter i'usage. Cet ordre n'est autre

que

les

graphie
imprimée
6. notes de la musique : t Roî"e
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