Kircher, Athanasius ; Alquié, François Savinien d' [Transl.]
La Chine d'Athanase Kirchere: illustrée de plusieurs monuments tant sacrés que profanes, et de quantité de recherchés de la nature & de l'art — Amsterdam, 1670

Page: 314
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3i4 La Chine
ut, re\ mi, faj folj la : dont on a ac-
coutumé de se servir pour hausser ou
pour abbaiiïer la voix comme on veut ;
ainsi comme c'ess: la coustume des Chi-
nois de faire des inssexions de voix qui
changent la signification des choses &
qui rendent leur langue tout à fait dif-
ficile. Le P. Jacques Pantoja a trou-
vé ce sècret des 6 notes que vous vo-
yés exprimées en chinois, comme il
«ensuit : A , — , /, \ , u. La premiè-
re note respond aux 5. accens A chi-
nois , &c'ess l'ut dont le son & lenon-
tiation chinotse ess appellée cho ptm ,
comme si on dilôit la première Voix
qui fort efgalk. La séconde note— re-
spond au re de la musique qui s'ap-
pelle en chinois pin xim, comme qui
diroit une Voix claire & esgalle. La 3 no-
te / respond à mi , ce ton ess: appellé
xâm xinîj c'ess: à dire haute Voix. La qua-
triesme note \ respond à fa qui esc ap-
pellée en chinois kià xbn , c'est à dire
la haute Voix de celuyqui s'en Va. La 5.
note u respond a fol 7 dit en chinois gë
xîni, c'est à dire la propre Voix de celuy
qui entre, ainsi par exemple unmotj<*

Dent.

Muet.

Excellent.

Surpaie.

Oye.

ya.

ya.

ya.

ya.

ja.

5Ts

eserit en lettres Européenes, & marqué
au dessus par c; notes différentes, doit
eftre prononcée en divers tons & di-
vers accens, comme il ess: eserit par les
caractères divers des chinois. Nous a-
vous mis les accens des 5. figures de
la façon que vous les avés veus cy des

Illustrée
sus ; afin qu'on puisie venir à la con-
noilsance de ce que Ton dit, & qu'en-
tandant diseourir de quelqu'un, l'on
puuTe comprendre ce qu'on dit, & a-
fi n que quand on viendra à prononcer
posement & gravement une oraisbn,
sélon le ton & la mesure delà musique,
& qu'on puifîè former un concert mé-
lodieux par les monosyllabes (car ils
n'ont point de polyfyllabes dans leurs
diseours.)
C'ess: par le moyen de ces notes que
les étrangers apprennent cette langue ;
mais on ne sçauroit s'imaginer avec
combien de travail,d' attache & de pei-
ne. Les Chinois ne le servent point du
tout de tous ces accens, n'y de toutes
ces virgules ; parcequ'ilssontaccoustu-
més à cette prononciation des le ber-
ceau comme toutes les autres nations
à leur langue} quoyque leurs docteurs
ne se contentent pas de sçavoir cette
I façon de prononcer par luiàge mater-
j nel j mais encore s'attachent à ensêigner
| cette méthode par la règle que nous
donnons, &par les accens que nous a-
vons marqués. Cette nation admire
tousjours les Européens dans la pro-
nontiation de leurs parolles, & ne peut
jamais comprendre comment est-ce
qu'ils peuvent les eserire en latin &
exprimer si facilement & si parfaite-
ment leur concepts : mais pour reve-
nir anoure sujet, je vous diray que
comme ce peuple n'a point d'alpha-
bet en usage, il peut se servir de tous
sès caractères pour en faire la lettre
qu'il voudra , & la prendre pour
celle du milieu, du commencement,
& de la fin ; puisque chaseune signifie
une parolle & mesme des diseours en-
tiers: on n'a qu'à prendre des lettres dif-
férentes pour signifierde grands mots,
& on n'a pour leur donner des divers
sèns qu'à leur donner des différents tons
& diverses inflexions de voix. Au re-
ste la première lettre qui ess Qhun (en
langue Mandarine est prononcée diffe-
ramment
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