Kircher, Athanasius ; Alquié, François Savinien d' [Transl.]
La Chine d'Athanase Kirchere: illustrée de plusieurs monuments tant sacrés que profanes, et de quantité de recherchés de la nature & de l'art — Amsterdam, 1670

Page: 214
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214- L a Chine
ger à chanter mille actions de grâces à
nostre Créateur, &à nostre divin Sau-
veur, de ce qu'il a eu tant déboute pour
nous, que de nous donner sa lumière

Illustrée
8c sa grâce par preferance à un nombre
infini de peuples qui croupifîènt 8c qui
sè damnent dans la croyance de ces er-
reurs 8c des ces absurdités.


C h a p. VI.
D'une autrefabuleufe Do&rine des Brachmanes , fçavoif3 des dix
Incarnations de Dieu que croyent les Gentils Indiens, qui font tant au deçà.
qu'au delà du Gange.
L est evidant que les Brachma-
'nes qu'on appelle autrement

ordres de ces mesmes Brachmanes enco-
re aujourd'huy dans les Indes. Lèpre- des^'5'
mier est de ceux qui veulent estre sages,mant '
8c qui vivent prudamment 8c politique-
ment. L'autre est celuy des Jogues qui
restent dans les deserts & qui y vivent à
la mode des anciens Gymnosophistes
qui estoient tons nuds, & qui s'adon-
noient extraordinairement à la seience
des enfers & des démons. Si vouscon-
siderés la vie de ceux-cy, quand à ce
qui concerne le dehors, vous la trouvè-
res tout àfaitaustere&rude: mais si on
obsorve l'intérieure, on remarquera
que cenest quhypocrisie, & qu'une
lentine de vices, & de péchés.
Comme le démon est un abysmede
malice, il ne faut pas s'estonner s'il est
tousjours insatiable, s'il n'est jamais con-
tent dans l'exercissè de ces mefchance-
tés,& s'il n'esï pas seulementsatisfait d'a-
voir abusé 8c d'avoir aveuglé les anciens
Gentils par les enchantements & sesru-
ses d'etestables ; mais encore en ce que
son attentat le porte à cette extrémité de
rage contre Dieu, de vouloir messer les
choies saintes avec les profanes pour un
d'une grande vertu , & qui n'avoient j plus grand mespris de Dieu, 8c de sa loy;
pourtant qu'une force diabolique ; ce j puisque lbn elpritobstiné ne se nourrit

Gymnofopbijles, estoient autre
fois si sort adonnés à l'astrologie , 8c
si sçavants en toute sorte de magie,
qu'on n'en pouvoir pas trouver de sem-
blabîes dans le inonde. C'est le tes-
moignage que nous en a donné Hero*
^ppoUo- nrate dans la vie diJppoîlonThank) le-
mm. quel nous asseure que leur réputation,
pour ce sujet, estoit si grande dans l'u-
nivers, que poussé d'un desir extrême
de les voir, sè mit en chemin & entre-
prit Un pénible & long voyage pour
iatisfaire à sa damnablc curiositéjqui ne
l'avoit engage a ces dangereufes cour-
lès que pour devenir do£îe en magie, 8c
le rendre maistre dans une seience in-
fernalle & diabolique : voyla le sujet
pourquoy il traversà la Terfe, 8c vint
enfin j usques dans l'Inde, où il alla voir
le Roy Jarchah sort renommé pour ces
matières ; ce Prince voulant adoucir la
fatigue de son voyage creut, ne pou-
voir pas luy faire un plus beau presànt
que de luy donner les sept planètes gra-
vées sur des pierres qu'il croyoit estre

qui fut cause qu'il s'adonna avec tant
de soin à tous ces dogmes pernicieux
qu'il y devint sçavant, 8c commença à
les publier par tout, 8c d'en estre le fau-
teur : On n'a qu'a voir ce quien a esté e-
*crit, &ce qu'on en voit presontement
pour juger qu'il n'y a point de différen-
ce entre les (Brachmanes du temps passé
&ccux qui sont à present. Il y a deux

8c ne se plait qu'à ces detestables prati-
ques.Ce Prince des ténèbres voulant en-
core porter son audace j usques à l'incar-
nation du Verbe,a bien osé messer mille
fables honteulès à unsisaint, &silacré
mistere que celuy de la conception 8c
delà naissànce dejefm Cbrijl, & de fai-
re mille commentaires ridicules, 8c mil-
le metempsicoses absurdes, lesquelles
ont
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