Kircher, Athanasius ; Alquié, François Savinien d' [Transl.]
La Chine d'Athanase Kirchere: illustrée de plusieurs monuments tant sacrés que profanes, et de quantité de recherchés de la nature & de l'art — Amsterdam, 1670

Page: 206
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La Chine Illust

r e e

joye, & qu'enfin cette viétime del'en-
fer le voyoit obligée de rendre son a-
me entre les mains des Démons, qui au
lieu de la conduire dans les champs Eli-
siens, comme ils le persuadent, la mè-
nent dans les ssammes éternelles, pour
y continuer un supplice qui n'aura ja-
mais de fin.
La folie Nous lisons ches Marc 'Paul Vent-
des Tar- . 1 -r- 1 r
tares. tien, que les lartares ont la meime cou-
stume ; puilqu'il est vray que ceux qui
ont tendrement aymè leur Roy} ou qui

ont esté favorisés par leur Prince, sc
jettent dans le feu qui doit consommer
son corps ; afin d'y estre ambralés avec
luy , & d'avoir l'honneur, après leur
mort (comme ils croient) d'élire enco-
re de sa suitte, & d'en estre plus chéris &
plus favorilés, à raison de leur grande
reconnoiliance, & de leur inviolable fi-
délité ;& il arrive souvant qu'il y a trente
mille hommes, qui aveuglés de cette
croyance, periliènt au jour des funérail-
les & des obeleques du Prince.

Chap. IV.
T)es coujlumes, &- des façons de faire des Brachmancs , &• com-
ment la fuperjlition des Egiptiens ejî Venue'par le moyen des Brachmanes dans
la Perse , dans l'Inde, & dans les plus ejloignés Royaumes de l'Inde &
du Jappon , & enfin de quelle façon elle sesl introduite dans ce
pais par fuccejjfwn de temps.

isslllL est hors de doute (suivantle
» P| lentiment d'Hérodote, deîYwe,
«SLSSï de Diodore , de Tau/amas, de
Thttarquc, &des autres autheurs) qu'a-
près l'irruption de Cambijes Roy de Ter-
Je dans3 l Egipte , qui arriva sous l'em-
pire de Numa Tompilius sécond Roy
des Romains, la sagesiè des Egiptiens,
qui avoitsubsisté plus de mille ans, fi-
nit miserablement, & périt avec le gou-
vernement, & la monarchie de cet E-
sîat i desorte que ce Prince ne se fut
pas si tost emparé de ce grand Royau-
me, qu'à mesme temps lessacrés simu-
lachres des Dieux furent renversés par
îuy, & les obclisques furent miles en
poudre ; c^xjpin le Dieu de l'Egip-
te, qui estoit un Bœuf sacré , nourri
dans un parc, fût tué par le mesme ;
que tous les Prestres, & les Hyero-
mantes furent ou mis à mort, ou envo-
yés en exil ; après que les monuments
Hyerpglifiques furent dévorés par des
ssammes. La chose estant donc de la
sorte, il arriva que les Prestres, & les
Hyeromantes bannis, ne sichant quel

chemin prendre pour leur lèureté ; par-
ceque les ennemis occupoient tous les
palîàges, lé resolurent depalïèr le Golfe ^J$l'
Arabique qui est prés àcl'Egtpte ; ce qu'a- gipte ^
yant exécuté, ils arrivèrent enfin dans ^-l9
l'Inde, laquelle porte maintenant le nom vJ^j'
d'Indoslan, qui est l'endroit où l'on dit ratis^
qu'Hermès , (Bacbus, & Oftride furent Jjjj"
autrefois ; c'est là dis je, qu estant arrivés
après avoir reconneu que ces trois per-
sonnages avoient pénétré julquesdans
le fonds de ces régions, par les restes des
villes qu'ils avoient basties, & par les
fragmants deslèpulchres qu'ils y voyoi-
ent encore ; ils commencèrent d'abord â
proclamer leurs erreurs, & à establir le
culte des Dieux qu'ils reconnoissènt
dans leur païs, & que Cambifés avoit en-
tièrement ruiné, & taseherent d'establir
dans cette extrémité du monde,ce qu'ils
n'avoient pas peu faire pratiquer dans
leur patrie, c'est à dire,de faire idolâtrer
par ce moyen, un peuple simple, Se
sacille, lequel receut sans beaucoup de
peine la loy des Hyeromantes Se embralli
(comme je vous ay desja dit) les resveries
le-
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