Kircher, Athanasius ; Alquié, François Savinien d' [Transl.]
La Chine d'Athanase Kirchere: illustrée de plusieurs monuments tant sacrés que profanes, et de quantité de recherchés de la nature & de l'art — Amsterdam, 1670

Page: 145
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D'A THANASE KlRCHERE,

L'infcription de l'Egisè de Tekin qui appartient aux
Pères de la Compagnie de Jesiis.

*Epitha

.gra-

P
Phe
Marbre &
Hiscsurle
'«"■Pic
<bpercs
d£cla So-
st^ de
Mus.

[Apres que ÎJpbtre S. Thomas eût ap-
porté le premier, la doBrine de l'Evangile
dam ce païs, après que les Syriens l'eurent
publiée derechef, © eflanduèpar tout l'Em*
pire fous le règne de Tarn, elle y fût en*
core beaucoup divulguée fom ï Empire de
Mim, par des perforâtes très ziïles, dont
S. Xavier, © le (P. Riccius efîoient les
chefs de cette fainBe entrepri/e, le/quels fi-
mit un grand fruit tant par leurs predica*
tions, que par les livres compofes en langue
Chinoilè, qu'ils firent dislribuer par tout
le Royaume. Mais enfin cemme sinconflan-
ce ejï ordinaire aux chofes humaines, il arri-
va que l'Empire de la Chine eslant tombé

fom la puissance des Tartares, les mefmes
'Pères ayant rejiabli le Calendrier XI. nom'
mé Hicn lie, ont mérité pour la recompenfe
de leur travailque l'Empereur leur ait fait
bafi'tr dans la Ville de Pékin , ou eft la
Cour y un beau temple à la gloire de Dieu vi-
vant.
Lequel fût basii, & dédié
En l'an MDCL. àtXunchi VU
Le <P. Jean Adam Schal a Zell Alle-
mand ^ Religieux prof es de la Qompagme de
Jefm , & l'autheur du dit Lalendner, le*
gue cette maifon à Jes Succefteurs ; laquelle
il afait beflir avecgrande peine & travail. .

C H A P. IX.
De la ÇorreBion du Calandrier, &• combien il en eft provenu
de profit.


l'Pputa.
CtllPs.

Es Chinois n'eurent jamais
rien tant à cœur, que d'avoir
l'exa&e supputation des temps,
sans laquelle ils le persuadoient (avec
raiibn) que l'on ne pouvoit jamais bien
raconter les aâions des R oys, ny e-
serire sans confusion l'histoire de tous
les siecles : de la vient qu'ils n'ont ja-
mais cesfé de rechercher les moyens
d'avoir une parfaite connoisferce de
cette seience 5 c'est pourquoy, afin que
ces îoix ne perisiènt jamais par la lon-
gueur du temps, ils rirent bastir un Col-
lège , & une Académie aux dépens
du Roy, & du public, qui a duré sé-
lon qu'il est elerit dans leurs Annales
3900. ans, lequel n'estoit destiné
qu'au seul estude de l'Astrologie ; l'of-
fice des maistres de cet art, estoit les
uns de l'enseigner, les autres de sup -
puter diligemment le cours du Soleil,
& de la Lune ; & les autres d'observer
îe temps des eclipses, comme auiïï de

marquer les nouvelles Lunes, & l'en-
trée de tous les astres dans leurs diffé-
rentes maisons j Mais pareeque le de-
sîr que ce peuple a voit de cette con-
noisiance, ne provenoit que de la faus-
le créance que les Qhincis avoient de
surmonter toutes choses ; ils vouloient
aussi que l'on fit distribuer par tout
l'Empire de ces Almanacs; afin qu'un
chaseun peut sçavoir en quel ten ps
il falloit faire un chosê', ou ne la fai-
re pas, peur esviter le danger de se
tromper. Ils n'avoient aucune con- Lacon-
* j o J noissance
noiiiance du cours , & du mouve- du mou-
illent des planètes, & mesme leur i- JJJJJ^
gnorance touchant ce sujet, estoit si estimpar-
D , ,. j ' . r _ ^ faite chts
grande , qu ils ont creu julques a \es
ce que nos Pères ont esté arrivés dans
ce païs, que les astres estoient tous
également éloignés de la terre : par
où l'on peut ailèment juger, com-.
bien ils estoient ignorants dans le cho-
ses de la nature. Les Chinois racon-
T tent
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