Kircher, Athanasius ; Alquié, François Savinien d' [Transl.]
La Chine d'Athanase Kirchere: illustrée de plusieurs monuments tant sacrés que profanes, et de quantité de recherchés de la nature & de l'art — Amsterdam, 1670

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La C h i n

l'Origine
dcl'Aitro-
logic
Chimise,

Le Roy
Cim Hoam
ennemi \
des livres,
faitbrul-
ler tous
ceux d'A-
strologia.

l'Assrolo-
s»ie des
Perscs a
reftablila
Chimife.

tent qu'un ancien Roy qu'on appel-
Ioit Jao donna commencement à leur
Astrologie ; pareequ'ayant deux frères,
dont les noms estoient Hy, & Ho, très
do£tes en cette sçience, il leur fit com-
mandement de mettre clairement Se en
abrégé, tout ce qu'ils en sçavoient,
pour en faire part au public, & qu'ils
donnaient à la posterité les règles ne-
cessaires pour s'en servir, lelquelles ne
changeaient jamais, ce qu'ils firent a-
vec tout le soin & l'exactitude qu'on
pouvoit desirer : Mais deux mille ans
après ou environ, le Roy Cim Hom, {
gouvernant l'Empire, devint d'un na-
turel si sauvage & si barbare, dans la
trante quatriesme année de Ion règne,
qu'il n'interdit pas feulement toute sor-
te d'Académies & de Collèges : mais
ilfitaussi un sacrificeà Vuîcain de tous
les livres qu'il peut trouver dans son
Royaume. Cette tyrannie qu'il exer-
çoit envers les arts libéraux, envers
lessoiences, & envers tant de beaux li-
vres qu'il fit périr, sur tout celuy du
calcul des temps, a donné tant de des-
plaisir à la posierité, qu'on en a regre-
té la perte jusques à presant. Il arri-
va longtemps après que fouillant par-
mi les ruines de quelques grands édi-
fices , Ton y trouva des livres d'Astro-
nomie que tout l'Empire desiroit si
fort, lesquels neantmoins, à caule du
long esp^ice de temps qu'ils avoient
demeuré inconnus, & mutiles, s'esioi-
gnoient si fort de la juste supputation
des mouvemens lunaires, & de l'ad-
venement des ecliplès, qu'on ne pou-
voit pas s'en servir sans les corriger ;
voyla pourquoy un célèbre Astrolo..
gue de la Chine, nommé Cosceucim en-
treprit cette reformation ; mais ne pou-
vant pas reussir dans son defîèin , il
apprit,(par je ne sçay qui) qu'il y a-
voit un livre du mouvement des Pla-
nètes dans la Bibliothèque Royale,
que les Sarrasins avoient apporté lors-
qu'ils furent envoyés en Ambassàde

ILLUSTREE
de Œerjê dans la Chine, pour en faire
un prêtent à l'Empereur de 7marie,
comme esiant une choie très rare, &
très precieufc ; desorteque les Tarta-
res ayant este repousTés de la Chine
par la puisiànce de Humun, on trou-
va ce livre dans son Palais en la i cj.
année de son Empire, lequel le fit tra-
duire, de là langue Hebraique & Per-
sienne, en la Chimife, esperant que
l'on pourroit mettre par ce moyen le
Callandrier Chinois dans sa dernière
perfection. Vous devés sçavoir que
comme ceux a qui la commission a-
voit este donnée" par les Mandarins
(qui estoient les plus doâcs de cet
art) ne pouvoient pas comprendre le
véritable sèns des subtiles théories des
Periès dont leurs livres estoient rem-
plis, comme dQtcàprsssi & toutafait k.
dva.&$-(Jussoi, & que leur csprit n e-
stoit pas afîés pénétrant pour y reùs
sir. 11 fallût que le Callandrier Qhu
nois restat imparfait, & plein d'er-corre-
reurs juiques a la venue de nos Fe- mais san5
res, & qu'enfin ces Maistres (qui a-sru,t*
voient esté choysîs pous faire l'osfice
d'Astroîogues , n'ayant plus d'au-
tres moyens dont ils puissent s'ayder
pour parvenir à cette connoissànce)
iussènt contraints de sc servir de leurs
tables, (qui estoient toutes remplies
de fautes) pour publier tous les ans leurs
Almanacs ; de telle façon que quoy-
qu'ils eufîent employé î'espacede trois
mois d'estude, a la seule prédiction
d'un eclipse, ils furent neantmoins
contraints d'ad vouer qu'ils avoient
beaucoup manqué : ainsi, lorsqu'ils Ce
virent si esloignés de l'esperance qu'ils
avoient de pouvoir reusîir , ne sà- comtés
chant plus de quel moyen se servir, Jj^JiSo
il se trouva que quelques Mandarins KojJse
Neophites presenterent ce livre au Roy, fa cots
luy remontrant la necessité qu'il y a- Re-
voit de faire travailler à la correction <Wer.
de cet ouvrage, &le profit que le pu-
blic en recevroit ; qu'au reste tous les
meil-
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